đ 1. Le cadre lĂ©gal de la sĂ©curitĂ© privĂ©e
1.1 Les textes fondateurs
Loi du 12 juillet 1983 : premiÚre loi structurant la sécurité privée
LOPPSI 2 (2011) : création du CNAPS
Code de la Sécurité Intérieure (CSI) - Livre VI : régit toute la profession
Décret du 10 juillet 2012 : Code de déontologie
đ Ă retenir
Le
Livre VI du CSI est LE texte de référence. Tout agent de sécurité doit le connaßtre.
Focus : la loi du 12 juillet 1983
C'est la loi fondatrice de la sécurité privée en France. Avant 1983, l'activité n'était quasiment pas encadrée. Aujourd'hui la loi est abrogée , mais ses principes ont été repris dans le Livre VI du CSI (codification en 2012).
Loi n° 83-629 du 12 juillet 1983
"Réglementant les activités privées de surveillance, de gardiennage et de transport de fonds."
Les 5 objectifs du législateur
En 1983, l'objectif affiché par le législateur était de réglementer et moraliser la profession . Cinq axes :
Recenser les activitĂ©s des professions de sĂ©curitĂ© (savoir qui exerce, oĂč, comment)
Réglementer les interventions, en interdisant les activités anti-grÚve ou anti-syndicales
Moraliser la profession en exerçant un contrÎle sur les dirigeants et les employés des entreprises de sécurité, afin d'en écarter les individus douteux
EmpĂȘcher certains comportements ou interventions rĂ©prĂ©hensibles sur la voie publique (par exemple, les contrĂŽles d'identitĂ© , qui sont rĂ©servĂ©s aux forces de l'ordre)
Ăviter toute confusion avec les services officiels : Police nationale, Police municipale, Gendarmerie nationale, ArmĂ©e (tenue, insignes, vĂ©hicules, dĂ©nomination)
R.R.M.E.E
R Recenser les activités
R Réglementer (interdire l'anti-grÚve / anti-syndical)
M Moraliser (contrÎle dirigeants + employés)
E EmpĂȘcher les abus sur la voie publique (ex. faux contrĂŽles d'identitĂ©)
E Ăviter la confusion avec Police, Gendarmerie, ArmĂ©e
Les 5 objectifs du législateur en 1983.
En clair
Avant 1983, n'importe qui pouvait monter une société de gardiennage. La loi a mis de l'ordre : pour exercer, il faut une
autorisation , une
moralité irréprochable , et l'entreprise ne peut faire
que de la sécurité .
Exemple concret : Une sociĂ©tĂ© de nettoyage ne peut pas, en mĂȘme temps, faire du gardiennage. Il faut deux sociĂ©tĂ©s distinctes (principe d'exclusivitĂ©, toujours en vigueur aujourd'hui Ă l'art. L612-2 CSI).
â 1.2 Le Livre VI du Code de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure (CSI)
â ïž INCONTOURNABLE pour l'examen
Le
Livre VI du CSI est
LE texte qui régit toute la sécurité privée en France aujourd'hui. C'est
la référence à connaßtre. Toutes les questions juridiques de l'examen y renvoient directement ou indirectement.
Code de la Sécurité Intérieure - Livre VI
"Activités privées de sécurité." Partie du Code de la Sécurité Intérieure créée par l'ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012 , qui codifie et remplace la loi du 12 juillet 1983.
Définition - en clair
Le
Livre VI du CSI est
l'ensemble des articles de loi qui dit, en France,
qui a le droit de faire de la sécurité privée, comment, sous quelles conditions, avec quelles limites et quelles sanctions . C'est la "bible" de l'agent de sécurité.
Exemple concret : Quand on parle de la carte professionnelle, du CNAPS, des conditions de moralité, des palpations de sécurité, de la tenue, de l'exclusivité d'activité⊠tout est dans le Livre VI. Articles cités à l'examen : L611-1, L612-2, L612-20, L613-2, L613-3, L613-4, L617-1, etc.
Structure du Livre VI (5 titres principaux)
Titre
Objet
Titre Ier (art. L611-1 et suivants)
Activités privées de surveillance et gardiennage, transport de fonds, protection physique des personnes, agents cynophiles
Titre II
Activités des agences de recherches privées (détectives privés)
Titre II bis
Activités privées de protection des navires français (anti-piraterie maritime)
Titre III (art. L632-1 et suivants)
Le CNAPS (autorité de contrÎle, police, discipline, conseil)
Titre IV (art. L617-1 et suivants)
Sanctions pénales (travail sans carte, exercice illégal, etc.)
đ Ă retenir absolument
Livre VI = activités privées de sécurité
Codifié par l'ordonnance du 12 mars 2012 (a remplacé la loi de 1983)
Si on te demande "quel texte rĂ©git la sĂ©curitĂ© privĂ©e en France ? " â rĂ©ponse : le Livre VI du Code de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure
1.3 Les activités privées de sécurité (article L611-1)
L'article L611-1 du CSI ouvre le Livre VI et liste les activités soumises à la réglementation . C'est l'article fondamental qui définit ce qu'est, légalement, une "activité privée de sécurité".
Article L611-1 du CSI - chapeau
"Sont soumises aux dispositions du présent titre, dÚs lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent :"
1° - Surveillance et gardiennage (activité de base)
Art. L611-1, 1°
"à fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systÚmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ."
En clair
C'est
le cĆur du mĂ©tier d'agent de sĂ©curitĂ© . Trois moyens autorisĂ©s pour assurer la sĂ©curitĂ© :
Surveillance humaine : l'agent qui surveille physiquement (rondes, poste fixe, magasinâŠ)
Surveillance électronique : vidéosurveillance, télésurveillance, alarmes
Gardiennage : protection de biens (immeubles, locaux, marchandises) et des personnes qui s'y trouvent (occupants, clients, voyageurs)
Exemples concrets : agent en magasin, vigile à l'entrée d'un immeuble, agent de sûreté dans une gare ou un bus, opérateur de télésurveillance, rondier de nuit.
1° bis - Activité armée (cas exceptionnel)
Art. L611-1, 1° bis
"à faire assurer, par des agents armés , l'activité mentionnée au 1° lorsque celle-ci est exercée dans des circonstances exposant ces agents ou les personnes se trouvant dans les lieux surveillés à un risque exceptionnel d'atteinte à leur vie ."
En clair
C'est la
mĂȘme activitĂ© que le 1° , mais
avec une arme . Ce n'est autorisé que dans des cas
trÚs exceptionnels , quand la vie de l'agent ou des personnes protégées est
réellement menacée .
Exemple concret : protection d'un site sensible exposé à un risque terroriste, garde de bijouteries de trÚs haute valeur, sites SEVESO ou installations stratégiques. Pas un simple supermarché ou un parking.
â ïž Le port d'arme reste l'exception
Principe : l'agent de sécurité
n'est pas armé (héritage de 1983).
Exception : le 1° bis autorise l'armement
uniquement dans des circonstances de "risque exceptionnel d'atteinte à la vie" - décision strictement encadrée et soumise à autorisation préfectorale + formation spécifique.
3° - Protection physique des personnes
Art. L611-1, 3°
"à protéger l'intégrité physique des personnes ."
En clair
C'est l'activité de
protection rapprochée (garde du corps). L'agent ne protÚge plus un lieu ou des biens, mais
une personne , partout oĂč elle se dĂ©place. La cible : son
intégrité physique (sa vie, son corps).
Exemples concrets : garde du corps d'une personnalité publique, d'un chef d'entreprise menacé, d'un artiste en tournée, d'un témoin protégé dans le cadre privé. à distinguer de la protection par les forces de l'ordre (SDLP pour les officiels), qui relÚve du public.
4° - Protection des navires français (anti-piraterie)
Art. L611-1, 4°
"à la demande et pour le compte d'un armateur , à protéger contre les menaces extérieures des navires battant pavillon français ."
En clair
C'est la
protection embarquée des navires français contre la
piraterie maritime . Les agents (EPE - Ăquipes de Protection EmbarquĂ©e) montent Ă bord Ă la demande de l'
armateur (propriétaire / exploitant du navire) pour protéger l'équipage et la cargaison lors de la traversée de zones à risque (golfe d'Aden, golfe de Guinée, océan Indien).
Exemple concret : un cargo battant pavillon français traverse le détroit de Bab-el-Mandeb (zone de piraterie au large de la Somalie). L'armateur fait monter à bord une équipe de 4 agents armés agréés, qui restent à bord pendant la traversée à risque puis débarquent.
đ Ă retenir sur le 4°
Seulement pour les navires battant pavillon français
à la demande de l'armateur (pas d'initiative privée)
Contre les menaces extérieures (piraterie, abordage) - pas les conflits sociaux à bord
Activité régie par le Titre II bis du Livre VI
â 1.4 Le CNAPS
â ïž DĂFINITION Ă RETENIR PAR CĆUR
Le
CNAPS (
Conseil National des Activités Privées de Sécurité ) est un
établissement public administratif (EPA), placé sous la
tutelle du ministre de l'Intérieur , chargé du
contrÎle, du conseil et de la discipline des professions de la sécurité privée en France.
Code de la Sécurité Intérieure - Titre III du Livre VI (art. L632-1 et suivants)
Le CNAPS a été créé par la loi LOPPSI 2 du 14 mars 2011 et est devenu opérationnel le 1er janvier 2012 . Il est régi par le Titre III du Livre VI du CSI.
En clair - décomposition de la définition
Conseil National des ActivitĂ©s PrivĂ©es de SĂ©curitĂ© â le nom officiel
Ătablissement public administratif (EPA) â c'est une structure publique avec personnalitĂ© morale, autonome (pas une simple direction ministĂ©rielle)
Sous tutelle du ministre de l'IntĂ©rieur â c'est l'Ătat qui le supervise (place Beauvau)
ContrĂŽle, conseil, discipline â ses 3 grandes missions vis-Ă -vis du secteur
Phrase à savoir réciter : "Le CNAPS est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, chargé de la police administrative, du contrÎle, de la discipline et du conseil des activités privées de sécurité."
Les 4 missions du CNAPS
đŻ Tombe Ă l'examen QCU
Précision du formateur : les 4 missions du CNAPS (Police administrative, ContrÎle, Discipline, Conseil) seront
dans le QCU . Ă connaĂźtre par cĆur : le nom de chaque mission + ce qu'elle recouvre + les sanctions disciplinaires possibles (avertissement, blĂąme, interdiction temporaire d'exercer, pĂ©nalitĂ© financiĂšre).
Mission
Détail
Police administrative
Délivre, suspend ou retire les différents agréments (dirigeants/associés), autorisations (entreprises) et cartes professionnelles (agents) nécessaires à l'exercice des activités privées de sécurité
ContrĂŽle
ContrÎle l'activité des entreprises et des agents (sur piÚces et sur place)
Discipline
ContrĂŽle les activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ© et sanctionne la mĂ©connaissance des dispositions qui leur sont applicables . Sanctions : avertissement, blĂąme, interdiction temporaire d'exercer, pĂ©nalitĂ© financiĂšre . PrĂ©pare Ă©galement un code de dĂ©ontologie de la profession approuvĂ© par dĂ©cret en Conseil d'Ătat .
Conseil
Mission de conseil et d'assistance aux professionnels du secteur dans l'interprétation des textes relatifs à ces activités, et de rappel de la réglementation en vigueur . Participe à la moralisation du secteur.
P.C.D.C
P Police administrative (autorisations, cartes pro)
C ContrĂŽle (entreprises et agents)
D Discipline (sanctions)
C Conseil (profession + pouvoirs publics)
Les 4 missions du CNAPS.
1.5 La carte professionnelle
Article L612-20 du CSI - principe
L'exercice de la profession d'agent privé de sécurité est soumis à l'obtention d'une carte professionnelle délivrée par le CNAPS.
Délivrée par le CNAPS
Valable 5 ans à compter de sa date de délivrance , sur tout le territoire national
Renouvellement : formation continue obligatoire (MAC = Maintien et Actualisation des Compétences) : 31h tous les 5 ans
Demande de renouvellement à déposer 3 mois avant la date d'expiration (pour éviter toute interruption d'activité)
Conditions : nationalité UE/EEE, casier judiciaire vierge (bulletin n°2), aptitude professionnelle, moralité
đČ RĂ©gime de la demande : tĂ©lĂ©services du CNAPS
Qui fait la demande ?
C'est l'agent de sĂ©curitĂ© lui-mĂȘme qui fait la demande de carte professionnelle auprĂšs du
CNAPS (
Conseil National des Activités Privées de Sécurité ). Pas l'employeur, pas l'organisme de formation :
la démarche est personnelle .
En clair
Tout se passe en ligne via les
téléservices du CNAPS (plateforme
DRACAR sur cnaps.interieur.gouv.fr). Tu crées ton compte, tu déposes ta demande (autorisation préalable ou carte pro), tu joins les piÚces (piÚce d'identité, justif de formation, etc.). Le CNAPS instruit puis te délivre ou refuse la carte par voie dématérialisée.
Ătapes types :
1. Création du compte personnel sur les téléservices CNAPS
2. Demande d'autorisation préalable (avant l'entrée en formation TFP APS)
3. Une fois le TFP obtenu â demande de la carte professionnelle
4. Réception de la carte (valable 5 ans, à présenter à toute réquisition)
â ïž Attention
Travailler
sans carte pro est puni de
3 ans de prison et 45 000 ⏠d'amende (art. L617-1 CSI).
1.6 Conditions d'accÚs à la profession d'agent de sécurité
Pour pouvoir exercer comme agent de sécurité (et obtenir la carte professionnelle délivrée par le CNAPS), il faut remplir des conditions de moralité strictes, fixées par le Livre VI du CSI (notamment l'article L612-20 pour les salariés).
1° - Casier judiciaire vierge (bulletin n° 2)
1Ăšre condition
"Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ."
En clair
Le
bulletin n° 2 (B2) est l'extrait du casier judiciaire consulté par l'administration. Il ne doit comporter
aucune condamnation pour des faits qui empĂȘchent d'exercer le mĂ©tier (violences, vol, trafic, agressions, etc.).
Exemple concret : condamnĂ© pour vol aggravĂ© â carte pro refusĂ©e. CondamnĂ© pour excĂšs de vitesse â pas incompatible, carte pro possible. Pour les Ă©trangers, c'est l'Ă©quivalent dans le pays d'origine qui est demandĂ©.
Ă savoir : il existe 3 bulletins du casier (B1 = pour les autoritĂ©s judiciaires, B2 = administrations et certains employeurs rĂ©glementĂ©s, B3 = pour l'intĂ©ressĂ© lui-mĂȘme). Le CNAPS consulte le B2 .
2° - Comportement compatible avec l'exercice des fonctions
2Ăšme condition
"Ne pas avoir eu un comportement ou des agissements contraires Ă l'honneur, Ă la probitĂ©, aux bonnes mĆurs , ou de nature Ă porter atteinte Ă la sĂ©curitĂ© des personnes ou des biens , Ă la sĂ©curitĂ© publique ou Ă la sĂ»retĂ© de l'Ătat , et incompatibles avec l'exercice des fonctions ."
En clair
MĂȘme
sans condamnation pénale , le CNAPS peut refuser la carte si le comportement de la personne est
douteux . C'est une enquĂȘte administrative (consultation des fichiers de police, antĂ©cĂ©dents, signalements). Le but :
Ă©carter les profils Ă risque , mĂȘme si la justice n'a pas tranchĂ©.
Exemple concret : fichĂ© S, appartenance Ă un groupe extrĂ©miste, signalements rĂ©pĂ©tĂ©s de violences sans condamnation, comportement notoire incompatible (par exemple liĂ© Ă des trafics) â le CNAPS peut refuser ou retirer la carte sur cette base.
3° - Pas d'expulsion ni d'interdiction du territoire
3Ăšme condition
"Ne pas avoir fait l'objet d'un arrĂȘtĂ© d'expulsion non abrogĂ© ou d'une interdiction du territoire français non entiĂšrement exĂ©cutĂ©e ."
En clair
Si la personne est sous le coup d'un
arrĂȘtĂ© d'expulsion (mesure administrative pour menace Ă l'ordre public)
encore en vigueur , ou d'une
interdiction du territoire français (ITF) (peine prononcée par un juge)
pas encore purgée , elle ne peut pas exercer.
Exemple concret : un ressortissant étranger ayant fait l'objet d'une ITF de 5 ans en 2023 ne pourra pas demander la carte pro avant 2028 (et encore, sous réserve des autres conditions).
C.C.E
C Casier judiciaire (B2 sans condamnation incompatible)
C Comportement (honneur, probitĂ©, bonnes mĆurs, sĂ©curitĂ© publique)
E Expulsion / Interdiction du territoire : aucune en cours
Les 3 conditions de moralité à remplir pour la carte pro.
â ïž Ce sont des conditions cumulatives
Il faut remplir
les 3 . Si une seule manque, la carte pro est
refusĂ©e ou retirĂ©e par le CNAPS. Ces conditions doivent ĂȘtre respectĂ©es
au moment de la demande ET
pendant toute la durée d'exercice (toute condamnation ultérieure peut entraßner le retrait).
Cas particulier : ressortissants étrangers
Pour les ressortissants non-français , une condition supplémentaire de droit au séjour s'ajoute aux 3 conditions de moralité.
En clair
Ressortissants UE / EEE / Suisse : pas besoin de titre de séjour (libre circulation). Mais il faut prouver la résidence en France et fournir l'équivalent étranger du casier judiciaire (B2).
Ressortissants hors UE : il faut ĂȘtre titulaire d'un titre de sĂ©jour en cours de validitĂ© autorisant Ă travailler en France (carte de rĂ©sident, carte de sĂ©jour pluriannuelle, etc.).
Exemple concret : un ressortissant marocain qui veut devenir agent de sĂ©curitĂ© doit prĂ©senter au CNAPS un titre de sĂ©jour valide autorisant l'exercice d'une activitĂ© professionnelle salariĂ©e. Sans ce titre, pas de carte pro, mĂȘme si toutes les autres conditions sont remplies.
đ Ă retenir
Pour un ressortissant étranger hors UE,
pas de titre de sĂ©jour valide = pas de carte pro . Si le titre expire pendant l'exercice, la carte pro peut ĂȘtre
suspendue ou retirée .
De la demande de numéro à la carte professionnelle
Si le demandeur remplit les 3 conditions , il peut, selon sa situation , faire une demande de numéro auprÚs du CNAPS. Ce numéro est l'étape préalable à l'obtention de la carte professionnelle définitive.
En clair
Avant de recevoir la carte pro, le CNAPS délivre
un numéro d'autorisation préalable qui prouve que les conditions de moralité sont remplies. Selon ta situation (déjà formé ou non, déjà embauché ou non), tu demandes
le numéro adapté .
Deux situations classiques :
Tu n'as pas encore la formation (TFP APS) â tu demandes une autorisation prĂ©alable d'entrĂ©e en formation . Elle te permet de t'inscrire en centre de formation.
Tu n'as pas encore d'employeur mais tu cherches un poste â tu demandes une autorisation prĂ©alable Ă l'embauche . Elle te permet de te prĂ©senter aux entreprises.
Une fois
formé ET embauché , tu reçois la
carte professionnelle définitive (valable 5 ans).
đ Logique en 3 Ă©tapes
Vérification des 3 conditions de moralité (C.C.E)
Délivrance d'un numéro (autorisation préalable, selon la situation)
Obtention de la carte professionnelle (aprĂšs formation + embauche)
1.7 Service interne vs service externe
Deux organisations possibles pour la sécurité d'une entreprise :
Service externe : agent salarié d'une société prestataire de sécurité (ex. Securitas, Fiducial), envoyé chez le client
Service interne : agent salarié directement par l'entreprise qu'il protÚge (ex. SNCF SUGE, RATP GPSR, La Poste, grands magasins)
đ Point clĂ©
Beaucoup de grandes sociétés ont leur propre service interne. Mais que l'agent soit en
interne ou en
externe ,
les obligations sont identiques : carte pro CNAPS, conditions de moralité, formation, tenue distinctive, déontologie.
đą SpĂ©cificitĂ©s du service interne
Articles L612-25 et suivants du CSI
Un service interne ne peut ĂȘtre créé que par une personne physique ou morale qui assure la protection de ses biens propres et de ses salariĂ©s. Il est soumis Ă un rĂ©gime spĂ©cifique.
Les 2 obligations clés du service interne
Exclusivité de l'activité de sécurité privée - le service interne ne peut QUE faire de la sécurité pour son propre employeur. Il ne peut pas vendre ses prestations à des tiers ni exercer une autre activité que la sécurité privée.
AgrĂ©ment obligatoire pour le dirigeant et les associĂ©s - les personnes qui dirigent en droit ou en fait le service interne doivent obtenir un agrĂ©ment du CNAPS (mĂȘmes conditions de moralitĂ©, casier vierge, formation, que pour une entreprise externe).
En clair
Avoir un service interne ne dispense de rien :
mĂȘme exclusivitĂ© d'activitĂ© qu'une boĂźte de sĂ©curitĂ© externe, et
mĂȘme agrĂ©ment CNAPS pour le dirigeant et les associĂ©s. C'est le prix Ă payer pour gĂ©rer sa propre sĂ©curitĂ© plutĂŽt que de la sous-traiter.
Exemple : Un grand magasin avec son service interne ne peut pas louer ses agents à la boutique d'à cÎté (interdiction de prestation à des tiers). Et son responsable sécurité doit avoir un agrément CNAPS personnel, pas juste la carte pro d'agent.
â 1.8 Le principe d'exercice exclusif
â ïž PRINCIPE FONDAMENTAL
Toute activité non connexe à la mission de sécurité privée est interdite.
Une entreprise de sécurité privée ne peut faire
QUE de la sécurité privée. Rien d'autre.
Article L612-2 du CSI
"L'exercice de l'activité mentionnée à l'article L611-1 est exclusif de toute autre prestation de services non liée à la sécurité ou au transport de fonds, de bijoux ou de métaux précieux."
En clair
Une société de sécurité privée n'a pas le droit de faire
en plus du ménage, du jardinage, de la livraison, de l'accueil pur, du courrier, de la maintenance, du commerce, etc. Elle ne fait
que de la sécurité (et activités strictement
connexes , comme le transport de fonds).
Exemple concret :
â
Une sociĂ©tĂ© "SĂ©curitĂ© Plus SARL" propose surveillance + tĂ©lĂ©surveillance + transport de fonds â OK, tout est connexe Ă la sĂ©curitĂ©.
â La mĂȘme sociĂ©tĂ© propose en plus du nettoyage industriel ou de l'accueil standardiste â interdit . Elle doit crĂ©er une seconde sociĂ©tĂ© distincte pour cette activitĂ©.
EXCLU
Une boßte de sécurité = une seule activité : la sécurité. Tout le reste est EXCLU .
Le principe d'exercice exclusif - art. L612-2 CSI.
Et entre activitĂ©s de sĂ©curitĂ© elles-mĂȘmes : le non-cumul
Le principe d'exclusivitĂ© ne s'arrĂȘte pas lĂ : certaines activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ© ne peuvent pas ĂȘtre cumulĂ©es entre elles dans une mĂȘme entreprise. Le lĂ©gislateur considĂšre que certaines fonctions sont incompatibles et doivent rester sĂ©parĂ©es.
En clair
MĂȘme au sein des activitĂ©s du Livre VI, on ne mĂ©lange pas tout. Les
activités de surveillance / gardiennage (1° de L611-1) et les
activités d'agence de recherches privées (Titre II - détective privé) sont
incompatibles : une mĂȘme entreprise ne peut pas faire les deux.
Exemple concret :
â Une sociĂ©tĂ© qui ferait Ă la fois du gardiennage de magasins et de l'enquĂȘte privĂ©e (filature, recherche de personnes) â interdit, c'est un cumul incompatible.
â
Il faut deux sociétés juridiquement distinctes , avec des dirigeants et autorisations séparés.
đ Les grandes incompatibilitĂ©s Ă retenir
Surveillance / gardiennage (Titre I) â Agence de recherches privĂ©es (Titre II) â pas de cumul
ActivitĂ©s Ă port d'arme (1° bis, transport de fonds) â conditions de cumul renforcĂ©es et autorisations spĂ©cifiques
Chaque activité réglementée demande sa propre autorisation d'exercice auprÚs du CNAPS
â ïž Ă ne pas confondre
Exclusivité d'activité (L612-2) : pas d'activité extérieure à la sécurité (pas de ménage, pas de commerce, etc.)
Non-cumul de certaines activitĂ©s de sĂ©curitĂ© : Ă l'intĂ©rieur du Livre VI, certaines activitĂ©s ne peuvent pas ĂȘtre exercĂ©es ensemble (gardiennage + dĂ©tective notamment)
1.9 Le principe de neutralité
L'agent de sécurité, dans l'exercice de ses fonctions, doit faire preuve d'une stricte neutralité . Il ne représente ni un camp, ni une opinion : il représente la sécurité de tous , sans distinction.
1° - Pas d'immixtion dans les conflits du travail
1Úre obligation de neutralité (héritage de la loi de 1983, codifiée au Livre VI du CSI)
"Ne pas s'immiscer ou intervenir, à quelque moment que ce soit , dans le déroulement d'un conflit du travail ou d'événements s'y rapportant ."
En clair
Un agent de sécurité
n'a pas le droit d'intervenir dans une
grĂšve , une
manifestation syndicale , une
occupation de locaux , un
piquet de grĂšve ou toute autre
action collective liée à un conflit social. C'est un
héritage direct de la loi du 12 juillet 1983 , dont c'était l'un des objectifs principaux (cf. objectif "Réglementer" du R.R.M.E.E).
Exemples concrets :
â SalariĂ©s en grĂšve qui bloquent l'entrĂ©e de l'usine â l'agent ne peut pas les dĂ©loger, ni les filtrer, ni se positionner contre eux. Il doit appeler les forces de l'ordre si nĂ©cessaire.
â Manifestation syndicale qui s'installe devant le site â l'agent ne participe pas, ne provoque pas, ne s'oppose pas physiquement .
â
L'agent continue sa mission normale de sĂ©curitĂ© (protection des biens et des personnes non impliquĂ©es), mais reste en retrait du conflit social lui-mĂȘme.
â ïž "Ă quelque moment que ce soit"
Cette formulation est
volontairement trÚs large : avant, pendant et aprÚs le conflit, l'agent ne doit ni intervenir, ni prendre parti. Pas de pression sur les grévistes, pas d'identification de meneurs, pas de transmission d'infos à l'employeur sur les actions syndicales.
Situations interdites concrĂštement
Sont considérés comme des actes d'immixtion interdits dans un conflit du travail :
Ăvacuation de locaux ou d'usine occupĂ©s par des grĂ©vistes
Transfert de marchandises, de documents ou de matériels (pour contourner la grÚve)
ContrÎle d'accÚs à des zones habituellement libres (créer un filtrage ad hoc à cause du conflit)
Agressions, intimidations, menaces envers les grévistes ou les manifestants
En clair
Si pendant la grĂšve l'employeur te demande de
déloger les salariés , de
sortir discrĂštement la marchandise par l'arriĂšre, de
filtrer qui entre alors que l'accĂšs est normalement libre, ou pire de
faire pression sur les grévistes : tu
refuses . Ces actes ne relĂšvent
pas de la sécurité, ils relÚvent du conflit social, et tu n'as pas à y participer.
Exemple concret : grÚve dans un entrepÎt logistique. Le directeur te demande d'aider à transférer la marchandise vers un autre site "pour ne pas perdre les commandes". Refus obligatoire : c'est un acte qui sert l'employeur dans le conflit, pas la sécurité des biens et des personnes.
E.T.C.A
E Ăvacuation des locaux occupĂ©s
T Transfert de marchandises / documents / matériels
C ContrĂŽle d'accĂšs habituellement libres
A Agressions / intimidations / menaces
Les 4 actes d'immixtion interdits dans un conflit du travail.
Ce qui reste autorisé pendant un conflit du travail
L'interdiction d'immixtion n'empĂȘche pas l'agent d'exercer ses missions fondamentales. Restent parfaitement autorisĂ©s :
Les activités habituelles de sécurité (rondes, surveillance des zones non concernées par le conflit, contrÎles d'accÚs habituels , télésurveillance, etc.)
La légitime défense (art. 122-5 du Code pénal) si l'agent ou autrui est attaqué
L'obligation d'assistance ou de secours à personne en danger (art. 223-6 du Code pénal)
L'appréhension de l'auteur d'une infraction en flagrant délit (art. 73 du Code de procédure pénale)
En clair
Pendant une grĂšve, tu
n'arrĂȘtes pas d'ĂȘtre agent de sĂ©curitĂ© . Si un fait sortant du conflit social se produit (vol, incendie, agression, malaise, intrusion d'un tiers), tu
interviens normalement . La neutralité te protÚge du conflit, elle ne te dispense pas de tes
obligations légales et professionnelles fondamentales .
Exemples concrets :
â
Un grĂ©viste fait un malaise cardiaque â tu portes assistance (obligation, art. 223-6 CP).
â
Un manifestant te frappe â tu peux te dĂ©fendre proportionnellement (lĂ©gitime dĂ©fense, art. 122-5 CP).
â
Pendant la grĂšve, un vol Ă©clair se produit dans le magasin â tu apprĂ©hendes le voleur en flagrant dĂ©lit (art. 73 CPP).
â
Tu continues tes rondes habituelles du site, sans cibler les grévistes.
H.L.A.A
H activités H abituelles de sécurité
L L égitime défense (art. 122-5 CP)
A A ssistance / secours (art. 223-6 CP)
A A ppréhension flagrant délit (art. 73 CPP)
Les 4 exceptions : ce qui reste autorisé pendant un conflit du travail.
đĄ SynthĂšse - 2 listes Ă connaĂźtre
Interdit (E.T.C.A) : Ăvacuation, Transfert, ContrĂŽle d'accĂšs ad hoc , Agressions / intimidations
Autorisé (H.L.A.A) : Habituelles, Légitime défense, Assistance, Appréhension flagrant délit
1.10 Interdictions et limites d'intervention
1° - Interdiction de surveiller les opinions et de constituer des fichiers
1Ăšre interdiction
"La loi interdit de se livrer Ă une surveillance relative aux opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales , et de constituer des fichiers dans ce but."
En clair
Un agent de sécurité
n'a pas le droit de surveiller les
opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales des personnes qu'il croise. Il n'a pas non plus le droit de
constituer un fichier dans ce but (carnet, base de données, transmission à l'employeur).
Exemples concrets :
â Noter dans un cahier "M. X = syndicaliste CGT", "Mme Y = pratiquante musulmane", "M. Z = a participĂ© Ă une manif" â illĂ©gal .
â Filmer ou photographier des manifestants pour identifier des leaders syndicaux â illĂ©gal .
â
Noter un comportement de sĂ©curitĂ© objectif ("individu repĂ©rĂ© en train de voler Ă 14h30") â autorisĂ© .
â ïž Base lĂ©gale
Ces fichiers sont qualifiés de
"données sensibles" par le
RGPD et la
loi Informatique et Libertés . Leur collecte est
strictement encadrée et, sans base légale, totalement
interdite . Le contrevenant s'expose Ă des sanctions pĂ©nales (jusqu'Ă
5 ans de prison et 300 000 ⏠d'amende - art. 226-19 du Code pénal).
2° - Réglementation de l'armement (détention et usage des armes)
Les conditions d'armement, de détention et d'usage des armes sont strictement encadrées par la loi. Les armes sont classées en 4 catégories .
Catégorie A : armes interdites
En clair
Ce sont les armes
strictement interdites à la détention et à l'usage par les particuliers (et donc par les agents de sécurité privée). Aucune autorisation possible pour le commun des civils.
Exemples concrets : canon de 30 mm , arme dissimulée dans un téléphone portable , FAMAS , grenade , fusil-mitrailleur de plus de 30 coups , char , etc. Réservées à l'armée , à la police et à la gendarmerie .
đš Si tu trouves une arme de catĂ©gorie A sur une personne
Détention illégale = flagrant délit.
Appréhension de la personne (art. 73 CPP - tout citoyen peut appréhender en flagrant délit)
Appel immédiat de la police (17 ou 112)
Remise de l'individu et de l'arme aux forces de l'ordre dÚs leur arrivée
Catégorie B : armes soumises à autorisation
En clair
Armes dont la détention et le port nécessitent une
autorisation préalable de la préfecture . Sans cette autorisation, leur détention est
illégale .
Exemples concrets : revolver , carabine 22 LR , pistolet 9 mm , bombe lacrymogĂšne (au-delĂ d'un certain seuil), taser , etc.
Catégorie C : armes soumises à déclaration
En clair
Armes dont la détention est libre, mais soumise à une
dĂ©claration prĂ©alable auprĂšs des autoritĂ©s (prĂ©fecture). Pas d'autorisation Ă obtenir, mais l'Ătat doit en ĂȘtre informĂ©.
Exemples concrets : fusil de chasse , drilling 1 coup , flash-ball .
Catégorie D : armes en vente libre (avec obligation déclarative pour certaines)
En clair
Armes en
vente libre , dont l'acquisition est ouverte aux particuliers (souvent sous condition d'Ăąge, 18 ans minimum). Certaines restent soumises Ă une
obligation déclarative ou d'enregistrement selon le modÚle.
Exemples concrets : couteau , pistolet 2 coups , tonfa .
Catégorie
Régime
Exemples cités en cours
A
Interdites
Canon 30 mm, arme dissimulée dans portable, FAMAS, grenade, fusil-mitrailleur > 30 coups, char
B
Autorisation préfectorale
Revolver, carabine 22 LR, pistolet 9 mm, bombe lacrymo, taser
C
Déclaration
Fusil de chasse, drilling 1 coup, flash-ball
D
Vente libre (déclarative pour certaines)
Couteau, pistolet 2 coups, tonfa
I.A.D.L
A CatĂ©gorie A â I nterdite
B CatĂ©gorie B â A utorisation
C CatĂ©gorie C â D Ă©claration
D CatĂ©gorie D â vente L ibre
Du plus restrictif (A) au plus libre (D).
đ· Identification visuelle des armes
Images Wikipédia / Wikimedia Commons (libres de droits).
Catégorie A - Interdites
FAMAS
Grenade
Char (Leclerc)
Catégorie B - Autorisation préfectorale
Revolver
Pistolet 9 mm
Carabine 22 LR
Bombe lacrymogĂšne
Taser
Catégorie C - Déclaration
Fusil de chasse
Flash-Ball
Catégorie D - Vente libre
Couteau
Tonfa
3° - Conditions d'armement des agents
Agent de surveillance et de gardiennage
En clair
L'agent de surveillance et de gardiennage
n'a pas le droit de porter une arme Ă feu dans le cadre de ses missions. Seul le port d'armes relevant de la
catégorie D (vente libre) est
autorisé sous conditions .
Armes de catégorie D autorisées : tonfa , matraque , lacrymogÚne .
Le port est conditionné à une autorisation de l'employeur , à la formation spécifique à l'arme portée, et à la mention sur la carte professionnelle ou un document de mission.
â ïž Rappel
Le port d'arme reste l'
exception pour l'agent de surveillance / gardiennage. Le principe par défaut, hérité de 1983, est l'exercice
sans arme .
Agent de surveillance armé
En clair
L'agent de surveillance
armé (activité du
1° bis de l'art. L611-1, exercée dans des circonstances de risque exceptionnel d'atteinte à la vie) peut porter des armes de
catégorie B (soumises à autorisation préfectorale).
Armes de catégorie B : revolver, pistolet 9 mm, carabine 22 LR, taser, etc.
Le port nécessite une autorisation préfectorale , une formation spécifique au maniement et à l'usage de l'arme , et la mention "agent armé" sur la carte professionnelle .
đ Conservation et mise Ă disposition des armes
Les armes sont conservées sur le lieu de mission par un armurier
Elles sont disponibles uniquement pour le temps de la mission (remise au début, restitution à la fin)
Elles sont sous la responsabilité du chef d'entreprise
L'agent ne ramĂšne jamais l'arme Ă son domicile
â Conditions particuliĂšres d'usage
â ïž POINT IMPORTANT Ă RETENIR PAR CĆUR
Les armes ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©es qu'en cas de LĂGITIME DĂFENSE.
Fondement :
article 122-5 du Code pénal .
En dehors de ce cadre strict, tout usage d'une arme par un agent est
illégal et expose à des poursuites pénales (violences volontaires, voire homicide volontaire / involontaire).
đ Rappel - les 4 conditions de la lĂ©gitime dĂ©fense (N.A.P.S)
N écessaire ·
A ctuelle ·
P roportionnée ·
S imultanĂ©e. Si une seule condition manque â plus de lĂ©gitime dĂ©fense, l'usage de l'arme est
illégal .
Le principe Ă retenir
Si on t'agresse, tu peux te défendre - mais de maniÚre PROPORTIONNELLE à l'attaque.
Exemples :
â On te bouscule â tu tires au pistolet = disproportionnĂ© , illĂ©gal.
â On te menace avec les mains nues â tu tires = disproportionnĂ© , illĂ©gal.
â
On te tire dessus avec une arme Ă feu â tu ripostes avec ton arme = proportionnĂ©, lĂ©gitime dĂ©fense.
â
On t'attaque au couteau et tu n'as aucun moyen de fuir â riposte proportionnĂ©e possible avec ton arme.
4° - Sanctions au port et transport des armes et munitions
Les sanctions pénales en cas de port ou transport illégal d'armes et de munitions varient selon la catégorie de l'arme et selon que la personne est seule ou à plusieurs (circonstance aggravante de réunion).
Infraction (port / transport illégal)
Sanction - 1 personne seule
Sanction - Ă au moins 2 personnes
MatĂ©riels de guerre, armes & Ă©lĂ©ments essentiels - catĂ©gorie A ou B (les matĂ©riels de guerre = sous-catĂ©gorie A2, mĂȘme sanction)
5 ans de prison + 75 000 ⏠d'amende
10 ans de prison + 500 000 ⏠d'amende
Catégorie C
2 ans de prison + 30 000 ⏠d'amende
5 ans de prison + 75 000 ⏠d'amende
Catégorie D (soumise à enregistrement)
1 an de prison + 15 000 ⏠d'amende
2 ans de prison + 30 000 ⏠d'amende
Catégorie D à faible dangerosité
Contravention de 4e classe (~ 750 ⏠d'amende)
Aggravée (contravention supérieure)
đ Base lĂ©gale
Articles
L317-7 Ă
L317-9 du Code de la Sécurité Intérieure. La réunion (à 2 ou plus) est une
circonstance aggravante qui
double la peine et l'amende.
đ 3. Le Code de dĂ©ontologie
Décret n°2012-870 du 10 juillet 2012
Code de déontologie des personnes physiques ou morales exerçant des activités privées de sécurité . Fixe les rÚgles de déontologie professionnelle applicables à tous les acteurs du secteur (agents, dirigeants, entreprises). 32 articles .
Les obligations principales
RĂšgles de comportement professionnel
Respect des lois : les acteurs de la sécurité privée sont soumis à l'ensemble des lois et rÚglements en vigueur dans l'exercice de leurs fonctions
Dignité : ils s'abstiennent de tout comportement de nature à porter atteinte à la dignité des personnes (clients, public, collÚgues, mis en cause)
Sobriété : interdiction d'exercer sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants ; comportement sobre et mesuré en toute circonstance
Attitude professionnelle : tenue correcte, langage adapté, maßtrise de soi, courtoisie, exemplarité dans l'exercice des fonctions
Respect et loyauté : respect des personnes (clients, public, collÚgues, hiérarchie) et loyauté envers l'employeur, les collÚgues et la clientÚle (pas de double jeu, pas de trahison d'information)
ConfidentialitĂ© : ne divulgue aucune information obtenue dans l'exercice des fonctions (faits, personnes, organisation du site, dispositifs de sĂ©curitĂ©, procĂ©dures). Obligation maintenue mĂȘme aprĂšs la fin du contrat.
Interdiction de toute violence (art. R631-10 du CSI ) : aucun acte de violence physique ou verbale envers les personnes, sauf cas strict de légitime défense (art. 122-5 CP). Usage de la force toujours proportionné et limité à l'absolue nécessité.
Armement (art. R631-11 du CSI ) : interdiction de porter une arme dans l'exercice des fonctions, sauf cas prévus par la loi (notamment agents de transport de fonds, protection physique de personnes exposées à des risques exceptionnels - sur autorisation préfectorale et formation spécifique).
Interdiction de se prĂ©valoir de l'autoritĂ© publique (art. R631-12 du CSI ) : l'agent ne peut en aucun cas laisser penser qu'il agit au nom des forces de l'ordre ou de l'Ătat. Pas d'usurpation, pas de mention abusive de fonction publique, pas de propos laissant croire Ă un statut d'agent public.
Relations avec les autoritĂ©s publiques : l'agent prĂȘte concours aux services de police, de gendarmerie et aux autoritĂ©s judiciaires dans l'exercice de leurs missions. CoopĂ©ration loyale, transmission des informations utiles, mise Ă disposition des Ă©lĂ©ments en cas de rĂ©quisition.
Respect des contrÎles : l'agent se soumet aux contrÎles exercés par le CNAPS et les autorités compétentes (présentation de la carte pro, communication des documents et registres, accueil des contrÎleurs sur les sites). Toute entrave ou opposition est une faute disciplinaire.
đ Sous-section 4 : Devoirs des salariĂ©s
Dispositions spécifiques aux agents salariés (par opposition aux dirigeants/employeurs) - articles R632 et suivants du CSI.
PrĂ©sentation de la carte professionnelle : le salariĂ© doit prĂ©senter sa carte pro Ă toute personne qui en fait la demande - forces de l'ordre, CNAPS, mais aussi les clients sur le site d'exercice. La carte doit ĂȘtre portĂ©e sur soi pendant tout l'exercice des fonctions et prĂ©sentĂ©e sans dĂ©lai.
Information de l'employeur : le salarié informe sans délai son employeur de tout fait susceptible d'avoir des conséquences sur l'exercice de ses fonctions (incident, condamnation, suspension ou retrait de la carte pro, modification de sa situation personnelle affectant les conditions de moralité, etc.).
Respect du public : le salarié traite toute personne (clients, visiteurs, usagers, personnes interpellées) avec respect, courtoisie et impartialité. Aucune discrimination, aucun comportement vexatoire, aucune atteinte à la dignité.
đ« Le marchandage et le prĂȘt illicite de main-d'Ćuvre
Article L8231-1 du Code du travail
Le marchandage , dĂ©fini comme toute opĂ©ration Ă but lucratif de fourniture de main-d'Ćuvre qui a pour effet de causer un prĂ©judice au salariĂ© qu'elle concerne ou d'Ă©luder l'application de dispositions lĂ©gales ou de stipulations d'une convention ou d'un accord collectif de travail, est interdit .
Article L8241-1 du Code du travail
Toute opĂ©ration Ă but lucratif ayant pour objet exclusif le prĂȘt de main-d'Ćuvre est interdite dĂšs lors qu'elle n'est pas effectuĂ©e dans le cadre des dispositions du Code du travail (intĂ©rim, portage salarial, groupements d'employeurs...).
đ Application au secteur sĂ©curitĂ© privĂ©e
Une entreprise de sécurité ne peut pas « louer » ses agents à une autre entreprise en dehors du cadre légal d'une prestation de services
La prestation de services suppose un encadrement, des consignes propres et une responsabilitĂ© de l'entreprise prestataire sur ses agents (sinon = prĂȘt illicite)
Sanctions pénales : 2 ans d'emprisonnement et 30 000 ⏠d'amende pour le marchandage (art. L8234-1 du Code du travail)
D.R.O.I.T
D Dignité
R Respect
O Objectivité
I Intégrité
T Tolérance
Obligation
Détail
ProbitĂ© HonnĂȘtetĂ©, intĂ©gritĂ© morale
Discrétion Secret professionnel
Neutralité Politique, religieuse, syndicale
Non-discrimination Race, sexe, religion, orientation
Tenue Uniforme distinct des forces publiques
Identification Carte pro visible, numéro CNAPS
đ Port de la tenue et insigne
Article L613-4 du CSI
Les agents [...] doivent porter, dans l'exercice de leurs fonctions, une tenue particuliĂšre. Celle-ci ne doit entraĂźner aucune confusion avec les tenues des agents des services publics, notamment de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et des polices municipales.
Article R613-1 du CSI
La tenue comporte, de façon visible, au moins un numĂ©ro d'identification individuel et un ou plusieurs Ă©lĂ©ments d'identification communs reproduisant la dĂ©nomination ou le sigle de l'entreprise. Elle ne peut ĂȘtre confondue avec celle des forces publiques.
đ Emplacement
Les éléments d'identification sont portés sur la
poitrine, en haut Ă gauche du vĂȘtement.
â±ïž Quand porter la tenue
La tenue est portée
uniquement pendant l'exercice de la mission .
â ïž Mentions obligatoires sur la tenue
La mention « SĂCURITĂ PRIVĂE » doit apparaĂźtre - pas juste « SĂCURITà » (sinon risque de confusion avec les forces publiques)
đȘȘ Carte professionnelle : obligation indĂ©pendante
Ces dispositions sur la tenue
n'exemptent pas de l'obligation d'
avoir toujours sur soi la carte professionnelle (art. L612-20 CSI). MĂȘme question de tenue mise Ă part, la carte pro doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă toute rĂ©quisition.
đ« Dispositions visant Ă Ă©viter la confusion avec un service public
Les 3 interdictions clés
Interdiction d'exercer des missions de police - ton métier se limite à la surveillance / gardiennage de biens et personnes, jamais aux prérogatives réservées aux OPJ (art. L611-1 et L613-1 CSI)
Interdiction d'exercer sur la voie publique - tu interviens à l'intérieur des bùtiments ou dans leurs limites (art. L613-1 CSI). La voie publique est le domaine exclusif des forces publiques (sauf autorisations spéciales : ronde itinérante, transport de fonds, escorte préfectorale)
Interdiction de mentionner une qualité d'ancien fonctionnaire de police, de gendarmerie ou d'ancien militaire (art. L612-15 CSI) - tu n'as pas le droit de t'en prévaloir dans le cadre de ta mission de sécurité privée, ni sur ta tenue, ni sur tes documents, ni à l'oral
đ Obligation de levĂ©e de doute (tĂ©lĂ©surveillance)
Article L613-6 du CSI
Est injustifié tout appel des services de police nationale ou de la gendarmerie nationale par les personnes physiques ou morales exerçant des activités de surveillance à distance des biens meubles ou immeubles qui entraßne l'intervention indue de ces services, faute d'avoir été précédée d'une levée de doute consistant en un ensemble de vérifications, par des moyens techniques ou humains, de la matérialité et de la concordance des indices laissant présumer la commission imminente ou en cours d'une atteinte aux biens.
En clair
Si tu travailles en
télésurveillance (détection d'alarme à distance) et qu'une alarme se déclenche, tu
ne peux pas appeler directement la police / gendarmerie. Tu dois
d'abord vérifier qu'il y a bien une vraie menace (caméra, agent envoyé sur site, double détection...). C'est la
levée de doute .
Exemple : Alarme dĂ©clenchĂ©e Ă 3h du matin â l'opĂ©rateur vĂ©rifie via camĂ©ra ou envoie un agent intervenant sur place pour confirmer l'effraction. Si confirmation â appel des forces de l'ordre. Si fausse alerte (animal, dĂ©faut technique) â pas d'appel.
â ïž Sanction
Tout
appel injustifié entraßnant une intervention indue des forces de l'ordre est sanctionné. La preuve d'une atteinte effective au bien (ou d'une tentative) lÚve la présomption d'appel injustifié.
đ« Interdictions strictes
Porter une arme (sauf agents en transport de fonds armés)
Utiliser des techniques de menottage (sauf appréhension art. 73 CPP)
Procéder à des contrÎles d'identité (réservés aux OPJ)
Se faire passer pour un policier
Faire de la concurrence déloyale
âïž 6. Organisation judiciaire de la France
đ Notion de responsabilitĂ©
Définition
La responsabilité est l'obligation qui pÚse sur une personne morale ou physique de réparer les dommages subis par une autre personne morale ou physique .
đą Le prĂ©judice
Définition
Le préjudice est le dommage subi par une personne dans ses biens, son corps, ses sentiments ou son honneur . Il existe plusieurs sortes de préjudices.
Type de préjudice
Atteinte Ă ...
Corporel
L'intégrité physique de la personne (blessure, infirmité, maladie causée par un fait)
D'agrément
La privation des plaisirs ordinaires de la vie (impossibilité de pratiquer un loisir, un sport, une activité habituelle)
Matériel
Les biens de la personne (objet détérioré, perte de revenus, frais engagés)
Moral
Les sentiments, l'honneur, la réputation (atteinte à la dignité, souffrance affective, perte d'un proche)
âïž Les types de responsabilitĂ©
Type
But
Source
Responsabilité civile
Réparer le dommage causé à autrui (indemnisation en argent)
Code civil - articles 1240 et suivants
Responsabilité pénale
Sanctionner l'auteur d'une infraction au nom de la société (peine, amende, prison)
Code pénal
đ Ă retenir
Les deux responsabilités sont
indĂ©pendantes : un mĂȘme fait peut entraĂźner les deux. Exemple - un agent qui blesse une personne par excĂšs de force engagera sa
responsabilité pénale (poursuite par le procureur)
et sa
responsabilité civile (indemnisation de la victime).
đ Plainte et engagement des poursuites
Définition
La plainte est le point de dĂ©part des recours devant les juridictions adĂ©quates . Elle est exprimĂ©e par les victimes elles-mĂȘmes ou par le ministĂšre public au nom de la sociĂ©tĂ© .
đ Classification des infractions
Le Code pénal classe les infractions en 3 catégories selon leur gravité :
Catégorie
Gravité
Peine maximale
Juridiction
Exemples
Contravention
Faible
Amende (jusqu'Ă 1 500 âŹ, 3 000 ⏠en rĂ©cidive) - 5 classes
Tribunal de police
ExcÚs de vitesse, tapage nocturne, violences légÚres sans ITT
Délit
Moyenne
Jusqu'Ă 10 ans d'emprisonnement + amende
Tribunal correctionnel
Vol, escroquerie, coups et blessures, exercice illégal de la sécurité privée
Crime
ĂlevĂ©e
Au moins 15 ans de réclusion (jusqu'à perpétuité)
Cour d'assises
Meurtre, viol, vol à main armée, terrorisme
C.D.C
C C ontravention (amende) â Tribunal de police
D D Ă©lit (†10 ans) â Tribunal correctionnel
C C rime (â„ 15 ans) â Cour d'assises
3 catégories d'infractions, du moins grave au plus grave.
đïž La sĂ©paration des pouvoirs (Ă savoir)
đŻ Tombe Ă l'examen QCU
Principe fondamental de la République : on distingue
3 pouvoirs distincts et indépendants .
Pouvoir
RĂŽle
Qui ?
Exécutif
Applique les lois et conduit la politique du pays
Président de la République + Gouvernement (Premier ministre, ministres)
Législatif
Vote les lois
Parlement = Assemblée nationale (577 députés) + Sénat (348 sénateurs)
Judiciaire
Juge en appliquant les lois (rend la justice)
Magistrats (juges, procureurs) - tribunaux et cours
E.L.J
E E xécutif (applique)
L L égislatif (vote)
J J udiciaire (juge)
Les 3 pouvoirs - théorisée par Montesquieu (De l'esprit des lois , 1748).
đ Pourquoi cette sĂ©paration ?
EmpĂȘcher qu'
une seule personne ou institution concentre tous les pouvoirs (risque de dictature). Chaque pouvoir contrÎle et équilibre les autres (
checks and balances ).
âïž La dualitĂ© juridictionnelle (Ă connaĂźtre)
Le systÚme judiciaire français est divisé en deux ordres indépendants, chacun avec sa propre hiérarchie :
âïž
ORGANISATION JUDICIAIRE DE LA FRANCE
Dualité juridictionnelle
1er degré
Tribunal administratif
Cour nationale du droit d'asile
Commission dép. d'aide sociale
Section disciplinaire des ordres professionnels
Commission d'indemnisation des rapatriés
Tribunal des affaires de la sécurité sociale
Tribunal paritaire des baux ruraux
Conseil de prud'hommes
Tribunal de commerce
Tribunal judiciaire et chambre de proximité
Tribunal pour enfants
Tribunal de police
Tribunal correctionnel
Cour d'assises
2nd degré (appel)
Cour administrative d'appel
đ Hautes juridictions
âïž
CONSEIL D'ĂTAT
Section du contentieux
âïž
COUR DE CASSATION
Paris
âïž
TRIBUNAL DES CONFLITS
Tranche les conflits d'attributions entre les deux ordres
đȘđș
COUR DE JUSTICE EUROPĂENNE
Droit de l'Union européenne
2 ordres â 2 sommets
Ordre judiciaire (civil + pĂ©nal) â sommet = Cour de cassation
Ordre administratif â sommet = Conseil d'Ătat
Conflits entre les deux â Tribunal des conflits
Droit europĂ©en â Cour de justice europĂ©enne (CJUE)
đïž Les juridictions pĂ©nales (juridictions de jugement des infractions)
Les infractions sont jugées par des tribunaux pénaux . à chaque catégorie d'infraction correspond une juridiction de jugement :
Juridiction
Juge
Compétence
Tribunal de police
Juge unique
Contraventions (5 classes - amendes)
Tribunal correctionnel
3 juges (ou juge unique selon le délit)
Délits (peine †10 ans + amende)
Cour d'assises
3 juges professionnels + 6 jurés citoyens (en premiÚre instance)
Crimes (peine ℠15 ans, jusqu'à perpétuité)
đ Juridictions spĂ©cialisĂ©es
Tribunal pour enfants : mineurs auteurs de délits et crimes (jusqu'à 16 ans pour les crimes)
Cour d'assises des mineurs : mineurs de 16 Ă 18 ans pour les crimes
JLD (Juge des Libertés et de la Détention) : décide des placements en détention provisoire
𧩠Les éléments constitutifs de l'infraction
Pour qu'une infraction soit caractĂ©risĂ©e et punissable, 3 Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre rĂ©unis :
ĂlĂ©ment
Définition
ĂlĂ©ment lĂ©gal
Il faut une loi (texte) qui définit le comportement comme une infraction et prévoit la peine. « Pas de peine sans loi » - principe de légalité des délits et des peines (art. 111-3 CP).
ĂlĂ©ment matĂ©riel
Le fait commis : une action (ex. frapper, voler) ou une omission (ex. non-assistance Ă personne en danger). Sans acte concret, pas d'infraction.
ĂlĂ©ment moral
L'intention ou la faute de l'auteur : volonté de commettre l'acte (dol = intention) ou imprudence/négligence selon l'infraction.
L.M.M
L L égal (texte qui interdit)
M M atériel (acte commis)
M M oral (intention / faute)
Les 3 éléments constitutifs de l'infraction.
đ Ă retenir
Si
un seul des 3 Ă©lĂ©ments manque , l'infraction n'est pas caractĂ©risĂ©e et la personne ne peut pas ĂȘtre poursuivie pour ce fait.
đ Les articles du Code pĂ©nal qui intĂ©ressent principalement l'activitĂ© de sĂ©curitĂ© privĂ©e
Liste des articles du Code pénal directement utiles à l'agent de prévention et de sécurité.
đ« Notion d'arme
Article 132-75 du Code pénal
"Constitue une arme tout objet conçu pour tuer ou blesser.
Tout autre objet susceptible de présenter un danger pour les personnes est assimilé à une arme dÚs lors qu'il est utilisé pour tuer, blesser ou menacer ou qu'il est destiné, par celui qui en est porteur, à tuer, blesser ou menacer.
Est assimilé à une arme tout objet qui, présenté ou utilisé, est destiné à menacer de tuer ou de blesser, ou est de nature à créer dans l'esprit de la victime la crainte d'une atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. [...]
L'utilisation d'un animal pour tuer, blesser ou menacer est assimilée à l'usage d'une arme."
đ Les 4 catĂ©gories d'arme (Ă retenir)
Tout objet qui est destiné par son utilisateur à tuer, blesser ou menacer devient, à ce titre, une arme :
Arme par nature = objet conçu pour tuer ou blesser (pistolet, couteau, matraque...)
Arme par destination = objet quelconque utilisé pour tuer, blesser ou menacer (batte, bouteille, tournevis, cailloux...)
Arme par imitation = objet qui imite une arme et crée la crainte d'une atteinte (pistolet factice, jouet réaliste...)
Arme par l'usage d'un animal = utilisation d'un animal pour tuer, blesser ou menacer (chien dressé pour mordre...)
đĄïž LĂ©gitime dĂ©fense (art. 122-5 alinĂ©a 1 CP)
đŻ Ă SAVOIR ABSOLUMENT (insistance formateur)
Article incontournable -
texte exact Ă connaĂźtre par cĆur , ainsi que les 4 conditions cumulatives (mĂ©mo
N.A.P.S ).
Article 122-5 alinéa 1 du Code pénal
"N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiĂ©e envers elle-mĂȘme ou autrui , accomplit, dans le mĂȘme temps , un acte commandĂ© par la nĂ©cessitĂ© de la lĂ©gitime dĂ©fense d'elle-mĂȘme ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de dĂ©fense employĂ©s et la gravitĂ© de l'atteinte ."
đ Les 4 conditions (mĂ©mo N.A.P.S)
N écessaire (riposte nécessaire)
A ctuelle (riposte au moment mĂȘme de l'attaque)
P roportionnée (moyens proportionnés à la gravité)
S ur atteinte injustifiée (attaque illégitime)
đĄïž Causes d'irresponsabilitĂ© ou d'attĂ©nuation de la responsabilitĂ©
Articles 122-1 à 122-9 du Code pénal - circonstances dans lesquelles l'auteur d'une infraction n'est pas pénalement responsable ou voit sa responsabilité atténuée.
đ§ Trouble psychique ou neuropsychique (art. 122-1 CP)
Article 122-1 du Code pénal
"N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrÎle de ses actes .
La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrÎle de ses actes demeure punissable. La juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime."
đ Ă retenir
Trouble abolissant le discernement = irresponsabilité totale (pas de peine)
Trouble altérant le discernement = responsabilité atténuée (peine réduite mais maintenue)
âïž Contrainte (art. 122-2 CP)
Article 122-2 du Code pénal
"N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'emprise d'une force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister."
đ Ă retenir
La contrainte doit ĂȘtre
irrésistible et
imprĂ©visible . Elle peut ĂȘtre :
Physique (force extérieure : on te pousse, on te ligote)
Morale (menace grave sur toi ou tes proches)
đź Ordre de la loi / commandement de l'autoritĂ© lĂ©gitime (art. 122-4 CP)
Article 122-4 du Code pénal
"N'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires.
N'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l'autorité légitime , sauf si cet acte est manifestement illégal ."
đ Ă retenir
L'agent qui
obéit aux ordres de sa hiérarchie n'est pas responsable...
sauf si l'ordre est manifestement illégal . Dans ce cas, il doit refuser d'exécuter (et engage sa responsabilité s'il obéit).
â L'erreur (art. 122-3 CP)
Article 122-3 du Code pénal
"N'est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu'elle n'était pas en mesure d'éviter, pouvoir légitimement accomplir l'acte."
đ Ă retenir
L'erreur doit ĂȘtre
invincible (impossible à éviter raisonnablement). Une simple ignorance de la loi n'est
pas une cause d'irresponsabilitĂ© (« nul n'est censĂ© ignorer la loi »). Il faut une situation oĂč une information erronĂ©e fournie par une autoritĂ© administrative t'a induit en erreur, par exemple.
đĄïž La lĂ©gitime dĂ©fense (art. 122-5 et 122-6 CP)
Article 122-5 du Code pénal
"N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiĂ©e envers elle-mĂȘme ou autrui, accomplit, dans le mĂȘme temps, un acte commandĂ© par la nĂ©cessitĂ© de la lĂ©gitime dĂ©fense d'elle-mĂȘme ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de dĂ©fense employĂ©s et la gravitĂ© de l'atteinte ."
đ Les 4 conditions (mĂ©mo N.A.P.S)
N écessaire (riposte nécessaire)
A ctuelle (riposte au moment mĂȘme de l'attaque)
P roportionnée (moyens proportionnés)
S ur atteinte injustifiée (attaque illégitime)
Détails complets et exemples : voir la section dédiée « 2. La légitime défense » plus haut.
đš L'Ă©tat de nĂ©cessitĂ© (art. 122-7 CP)
Article 122-7 du Code pénal
"N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, face Ă un danger actuel ou imminent qui menace elle-mĂȘme, autrui ou un bien, accomplit un acte nĂ©cessaire Ă la sauvegarde de la personne ou du bien , sauf s'il y a disproportion entre les moyens employĂ©s et la gravitĂ© de la menace ."
đ Distinction avec la lĂ©gitime dĂ©fense
Légitime défense = réponse à une agression humaine
Ătat de nĂ©cessitĂ© = rĂ©ponse Ă un danger / situation (incendie, accident, animal, etc.)