📖 1. Le cadre lĂ©gal de la sĂ©curitĂ© privĂ©e

1.1 Les textes fondateurs

📚 À retenir
Le Livre VI du CSI est LE texte de référence. Tout agent de sécurité doit le connaßtre.

Focus : la loi du 12 juillet 1983

C'est la loi fondatrice de la sécurité privée en France. Avant 1983, l'activité n'était quasiment pas encadrée. Aujourd'hui la loi est abrogée, mais ses principes ont été repris dans le Livre VI du CSI (codification en 2012).

Loi n° 83-629 du 12 juillet 1983 "Réglementant les activités privées de surveillance, de gardiennage et de transport de fonds."

Les 5 objectifs du législateur

En 1983, l'objectif affiché par le législateur était de réglementer et moraliser la profession. Cinq axes :

R.R.M.E.E
  • R Recenser les activitĂ©s
  • R RĂ©glementer (interdire l'anti-grĂšve / anti-syndical)
  • M Moraliser (contrĂŽle dirigeants + employĂ©s)
  • E EmpĂȘcher les abus sur la voie publique (ex. faux contrĂŽles d'identitĂ©)
  • E Éviter la confusion avec Police, Gendarmerie, ArmĂ©e

Les 5 objectifs du législateur en 1983.

En clair Avant 1983, n'importe qui pouvait monter une société de gardiennage. La loi a mis de l'ordre : pour exercer, il faut une autorisation, une moralité irréprochable, et l'entreprise ne peut faire que de la sécurité.
Exemple concret : Une sociĂ©tĂ© de nettoyage ne peut pas, en mĂȘme temps, faire du gardiennage. Il faut deux sociĂ©tĂ©s distinctes (principe d'exclusivitĂ©, toujours en vigueur aujourd'hui Ă  l'art. L612-2 CSI).

⭐ 1.2 Le Livre VI du Code de la Sécurité Intérieure (CSI)

⚠ INCONTOURNABLE pour l'examen
Le Livre VI du CSI est LE texte qui régit toute la sécurité privée en France aujourd'hui. C'est la référence à connaßtre. Toutes les questions juridiques de l'examen y renvoient directement ou indirectement.
Code de la Sécurité Intérieure - Livre VI "Activités privées de sécurité." Partie du Code de la Sécurité Intérieure créée par l'ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012, qui codifie et remplace la loi du 12 juillet 1983.
Définition - en clair Le Livre VI du CSI est l'ensemble des articles de loi qui dit, en France, qui a le droit de faire de la sécurité privée, comment, sous quelles conditions, avec quelles limites et quelles sanctions. C'est la "bible" de l'agent de sécurité.
Exemple concret : Quand on parle de la carte professionnelle, du CNAPS, des conditions de moralitĂ©, des palpations de sĂ©curitĂ©, de la tenue, de l'exclusivitĂ© d'activité  tout est dans le Livre VI. Articles citĂ©s Ă  l'examen : L611-1, L612-2, L612-20, L613-2, L613-3, L613-4, L617-1, etc.

Structure du Livre VI (5 titres principaux)

Titre Objet
Titre Ier
(art. L611-1 et suivants)
Activités privées de surveillance et gardiennage, transport de fonds, protection physique des personnes, agents cynophiles
Titre II Activités des agences de recherches privées (détectives privés)
Titre II bis Activités privées de protection des navires français (anti-piraterie maritime)
Titre III
(art. L632-1 et suivants)
Le CNAPS (autorité de contrÎle, police, discipline, conseil)
Titre IV
(art. L617-1 et suivants)
Sanctions pénales (travail sans carte, exercice illégal, etc.)
📌 À retenir absolument
  • Livre VI = activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ©
  • CodifiĂ© par l'ordonnance du 12 mars 2012 (a remplacĂ© la loi de 1983)
  • Si on te demande "quel texte rĂ©git la sĂ©curitĂ© privĂ©e en France ?" → rĂ©ponse : le Livre VI du Code de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure

1.3 Les activités privées de sécurité (article L611-1)

L'article L611-1 du CSI ouvre le Livre VI et liste les activités soumises à la réglementation. C'est l'article fondamental qui définit ce qu'est, légalement, une "activité privée de sécurité".

Article L611-1 du CSI - chapeau "Sont soumises aux dispositions du présent titre, dÚs lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent :"

1° - Surveillance et gardiennage (activité de base)

Art. L611-1, 1° "À fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systĂšmes Ă©lectroniques de sĂ©curitĂ© ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sĂ©curitĂ© des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les vĂ©hicules de transport public de personnes."
En clair C'est le cƓur du mĂ©tier d'agent de sĂ©curitĂ©. Trois moyens autorisĂ©s pour assurer la sĂ©curitĂ© :
  • Surveillance humaine : l'agent qui surveille physiquement (rondes, poste fixe, magasin
)
  • Surveillance Ă©lectronique : vidĂ©osurveillance, tĂ©lĂ©surveillance, alarmes
  • Gardiennage : protection de biens (immeubles, locaux, marchandises) et des personnes qui s'y trouvent (occupants, clients, voyageurs)
Exemples concrets : agent en magasin, vigile à l'entrée d'un immeuble, agent de sûreté dans une gare ou un bus, opérateur de télésurveillance, rondier de nuit.

1° bis - Activité armée (cas exceptionnel)

Art. L611-1, 1° bis "À faire assurer, par des agents armĂ©s, l'activitĂ© mentionnĂ©e au 1° lorsque celle-ci est exercĂ©e dans des circonstances exposant ces agents ou les personnes se trouvant dans les lieux surveillĂ©s Ă  un risque exceptionnel d'atteinte Ă  leur vie."
En clair C'est la mĂȘme activitĂ© que le 1°, mais avec une arme. Ce n'est autorisĂ© que dans des cas trĂšs exceptionnels, quand la vie de l'agent ou des personnes protĂ©gĂ©es est rĂ©ellement menacĂ©e.
Exemple concret : protection d'un site sensible exposé à un risque terroriste, garde de bijouteries de trÚs haute valeur, sites SEVESO ou installations stratégiques. Pas un simple supermarché ou un parking.
⚠ Le port d'arme reste l'exception
Principe : l'agent de sécurité n'est pas armé (héritage de 1983).
Exception : le 1° bis autorise l'armement uniquement dans des circonstances de "risque exceptionnel d'atteinte à la vie" - décision strictement encadrée et soumise à autorisation préfectorale + formation spécifique.

3° - Protection physique des personnes

Art. L611-1, 3° "À protĂ©ger l'intĂ©gritĂ© physique des personnes."
En clair C'est l'activitĂ© de protection rapprochĂ©e (garde du corps). L'agent ne protĂšge plus un lieu ou des biens, mais une personne, partout oĂč elle se dĂ©place. La cible : son intĂ©gritĂ© physique (sa vie, son corps).
Exemples concrets : garde du corps d'une personnalitĂ© publique, d'un chef d'entreprise menacĂ©, d'un artiste en tournĂ©e, d'un tĂ©moin protĂ©gĂ© dans le cadre privĂ©. À distinguer de la protection par les forces de l'ordre (SDLP pour les officiels), qui relĂšve du public.

4° - Protection des navires français (anti-piraterie)

Art. L611-1, 4° "À la demande et pour le compte d'un armateur, Ă  protĂ©ger contre les menaces extĂ©rieures des navires battant pavillon français."
En clair C'est la protection embarquĂ©e des navires français contre la piraterie maritime. Les agents (EPE - Équipes de Protection EmbarquĂ©e) montent Ă  bord Ă  la demande de l'armateur (propriĂ©taire / exploitant du navire) pour protĂ©ger l'Ă©quipage et la cargaison lors de la traversĂ©e de zones Ă  risque (golfe d'Aden, golfe de GuinĂ©e, ocĂ©an Indien).
Exemple concret : un cargo battant pavillon français traverse le détroit de Bab-el-Mandeb (zone de piraterie au large de la Somalie). L'armateur fait monter à bord une équipe de 4 agents armés agréés, qui restent à bord pendant la traversée à risque puis débarquent.
📌 À retenir sur le 4°
  • Seulement pour les navires battant pavillon français
  • À la demande de l'armateur (pas d'initiative privĂ©e)
  • Contre les menaces extĂ©rieures (piraterie, abordage) - pas les conflits sociaux Ă  bord
  • ActivitĂ© rĂ©gie par le Titre II bis du Livre VI

⭐ 1.4 Le CNAPS

⚠ DÉFINITION À RETENIR PAR CƒUR
Le CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) est un établissement public administratif (EPA), placé sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, chargé du contrÎle, du conseil et de la discipline des professions de la sécurité privée en France.
Code de la Sécurité Intérieure - Titre III du Livre VI (art. L632-1 et suivants) Le CNAPS a été créé par la loi LOPPSI 2 du 14 mars 2011 et est devenu opérationnel le 1er janvier 2012. Il est régi par le Titre III du Livre VI du CSI.
En clair - décomposition de la définition
  • Conseil National des ActivitĂ©s PrivĂ©es de SĂ©curitĂ© → le nom officiel
  • Établissement public administratif (EPA) → c'est une structure publique avec personnalitĂ© morale, autonome (pas une simple direction ministĂ©rielle)
  • Sous tutelle du ministre de l'IntĂ©rieur → c'est l'État qui le supervise (place Beauvau)
  • ContrĂŽle, conseil, discipline → ses 3 grandes missions vis-Ă -vis du secteur
Phrase à savoir réciter : "Le CNAPS est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, chargé de la police administrative, du contrÎle, de la discipline et du conseil des activités privées de sécurité."

Les 4 missions du CNAPS

🎯 Tombe à l'examen QCU
PrĂ©cision du formateur : les 4 missions du CNAPS (Police administrative, ContrĂŽle, Discipline, Conseil) seront dans le QCU. À connaĂźtre par cƓur : le nom de chaque mission + ce qu'elle recouvre + les sanctions disciplinaires possibles (avertissement, blĂąme, interdiction temporaire d'exercer, pĂ©nalitĂ© financiĂšre).
Mission Détail
Police administrative Délivre, suspend ou retire les différents agréments (dirigeants/associés), autorisations (entreprises) et cartes professionnelles (agents) nécessaires à l'exercice des activités privées de sécurité
ContrÎle ContrÎle l'activité des entreprises et des agents (sur piÚces et sur place)
Discipline ContrĂŽle les activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ© et sanctionne la mĂ©connaissance des dispositions qui leur sont applicables. Sanctions : avertissement, blĂąme, interdiction temporaire d'exercer, pĂ©nalitĂ© financiĂšre. PrĂ©pare Ă©galement un code de dĂ©ontologie de la profession approuvĂ© par dĂ©cret en Conseil d'État.
Conseil Mission de conseil et d'assistance aux professionnels du secteur dans l'interprétation des textes relatifs à ces activités, et de rappel de la réglementation en vigueur. Participe à la moralisation du secteur.
P.C.D.C
  • P Police administrative (autorisations, cartes pro)
  • C ContrĂŽle (entreprises et agents)
  • D Discipline (sanctions)
  • C Conseil (profession + pouvoirs publics)

Les 4 missions du CNAPS.

1.5 La carte professionnelle

Article L612-20 du CSI - principe L'exercice de la profession d'agent privé de sécurité est soumis à l'obtention d'une carte professionnelle délivrée par le CNAPS.

đŸ“Č RĂ©gime de la demande : tĂ©lĂ©services du CNAPS

Qui fait la demande ?
C'est l'agent de sĂ©curitĂ© lui-mĂȘme qui fait la demande de carte professionnelle auprĂšs du CNAPS (Conseil National des ActivitĂ©s PrivĂ©es de SĂ©curitĂ©). Pas l'employeur, pas l'organisme de formation : la dĂ©marche est personnelle.
En clair Tout se passe en ligne via les téléservices du CNAPS (plateforme DRACAR sur cnaps.interieur.gouv.fr). Tu crées ton compte, tu déposes ta demande (autorisation préalable ou carte pro), tu joins les piÚces (piÚce d'identité, justif de formation, etc.). Le CNAPS instruit puis te délivre ou refuse la carte par voie dématérialisée.
Étapes types :
1. Création du compte personnel sur les téléservices CNAPS
2. Demande d'autorisation préalable (avant l'entrée en formation TFP APS)
3. Une fois le TFP obtenu → demande de la carte professionnelle
4. Réception de la carte (valable 5 ans, à présenter à toute réquisition)
⚠ Attention
Travailler sans carte pro est puni de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende (art. L617-1 CSI).

1.6 Conditions d'accÚs à la profession d'agent de sécurité

Pour pouvoir exercer comme agent de sécurité (et obtenir la carte professionnelle délivrée par le CNAPS), il faut remplir des conditions de moralité strictes, fixées par le Livre VI du CSI (notamment l'article L612-20 pour les salariés).

1° - Casier judiciaire vierge (bulletin n° 2)

1Úre condition "Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions."
En clair Le bulletin n° 2 (B2) est l'extrait du casier judiciaire consultĂ© par l'administration. Il ne doit comporter aucune condamnation pour des faits qui empĂȘchent d'exercer le mĂ©tier (violences, vol, trafic, agressions, etc.).
Exemple concret : condamnĂ© pour vol aggravĂ© → carte pro refusĂ©e. CondamnĂ© pour excĂšs de vitesse → pas incompatible, carte pro possible. Pour les Ă©trangers, c'est l'Ă©quivalent dans le pays d'origine qui est demandĂ©.
À savoir : il existe 3 bulletins du casier (B1 = pour les autoritĂ©s judiciaires, B2 = administrations et certains employeurs rĂ©glementĂ©s, B3 = pour l'intĂ©ressĂ© lui-mĂȘme). Le CNAPS consulte le B2.

2° - Comportement compatible avec l'exercice des fonctions

2Ăšme condition "Ne pas avoir eu un comportement ou des agissements contraires Ă  l'honneur, Ă  la probitĂ©, aux bonnes mƓurs, ou de nature Ă  porter atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© des personnes ou des biens, Ă  la sĂ©curitĂ© publique ou Ă  la sĂ»retĂ© de l'État, et incompatibles avec l'exercice des fonctions."
En clair MĂȘme sans condamnation pĂ©nale, le CNAPS peut refuser la carte si le comportement de la personne est douteux. C'est une enquĂȘte administrative (consultation des fichiers de police, antĂ©cĂ©dents, signalements). Le but : Ă©carter les profils Ă  risque, mĂȘme si la justice n'a pas tranchĂ©.
Exemple concret : fichĂ© S, appartenance Ă  un groupe extrĂ©miste, signalements rĂ©pĂ©tĂ©s de violences sans condamnation, comportement notoire incompatible (par exemple liĂ© Ă  des trafics) → le CNAPS peut refuser ou retirer la carte sur cette base.

3° - Pas d'expulsion ni d'interdiction du territoire

3Ăšme condition "Ne pas avoir fait l'objet d'un arrĂȘtĂ© d'expulsion non abrogĂ© ou d'une interdiction du territoire français non entiĂšrement exĂ©cutĂ©e."
En clair Si la personne est sous le coup d'un arrĂȘtĂ© d'expulsion (mesure administrative pour menace Ă  l'ordre public) encore en vigueur, ou d'une interdiction du territoire français (ITF) (peine prononcĂ©e par un juge) pas encore purgĂ©e, elle ne peut pas exercer.
Exemple concret : un ressortissant étranger ayant fait l'objet d'une ITF de 5 ans en 2023 ne pourra pas demander la carte pro avant 2028 (et encore, sous réserve des autres conditions).
C.C.E
  • C Casier judiciaire (B2 sans condamnation incompatible)
  • C Comportement (honneur, probitĂ©, bonnes mƓurs, sĂ©curitĂ© publique)
  • E Expulsion / Interdiction du territoire : aucune en cours

Les 3 conditions de moralité à remplir pour la carte pro.

⚠ Ce sont des conditions cumulatives
Il faut remplir les 3. Si une seule manque, la carte pro est refusĂ©e ou retirĂ©e par le CNAPS. Ces conditions doivent ĂȘtre respectĂ©es au moment de la demande ET pendant toute la durĂ©e d'exercice (toute condamnation ultĂ©rieure peut entraĂźner le retrait).

Cas particulier : ressortissants étrangers

Pour les ressortissants non-français, une condition supplémentaire de droit au séjour s'ajoute aux 3 conditions de moralité.

En clair
  • Ressortissants UE / EEE / Suisse : pas besoin de titre de sĂ©jour (libre circulation). Mais il faut prouver la rĂ©sidence en France et fournir l'Ă©quivalent Ă©tranger du casier judiciaire (B2).
  • Ressortissants hors UE : il faut ĂȘtre titulaire d'un titre de sĂ©jour en cours de validitĂ© autorisant Ă  travailler en France (carte de rĂ©sident, carte de sĂ©jour pluriannuelle, etc.).
Exemple concret : un ressortissant marocain qui veut devenir agent de sĂ©curitĂ© doit prĂ©senter au CNAPS un titre de sĂ©jour valide autorisant l'exercice d'une activitĂ© professionnelle salariĂ©e. Sans ce titre, pas de carte pro, mĂȘme si toutes les autres conditions sont remplies.
📌 À retenir
Pour un ressortissant Ă©tranger hors UE, pas de titre de sĂ©jour valide = pas de carte pro. Si le titre expire pendant l'exercice, la carte pro peut ĂȘtre suspendue ou retirĂ©e.

De la demande de numéro à la carte professionnelle

Si le demandeur remplit les 3 conditions, il peut, selon sa situation, faire une demande de numéro auprÚs du CNAPS. Ce numéro est l'étape préalable à l'obtention de la carte professionnelle définitive.

En clair Avant de recevoir la carte pro, le CNAPS délivre un numéro d'autorisation préalable qui prouve que les conditions de moralité sont remplies. Selon ta situation (déjà formé ou non, déjà embauché ou non), tu demandes le numéro adapté.
Deux situations classiques :
  • Tu n'as pas encore la formation (TFP APS) → tu demandes une autorisation prĂ©alable d'entrĂ©e en formation. Elle te permet de t'inscrire en centre de formation.
  • Tu n'as pas encore d'employeur mais tu cherches un poste → tu demandes une autorisation prĂ©alable Ă  l'embauche. Elle te permet de te prĂ©senter aux entreprises.
Une fois formé ET embauché, tu reçois la carte professionnelle définitive (valable 5 ans).
📌 Logique en 3 Ă©tapes
  1. Vérification des 3 conditions de moralité (C.C.E)
  2. Délivrance d'un numéro (autorisation préalable, selon la situation)
  3. Obtention de la carte professionnelle (aprĂšs formation + embauche)

1.7 Service interne vs service externe

Deux organisations possibles pour la sécurité d'une entreprise :

📌 Point clĂ©
Beaucoup de grandes sociétés ont leur propre service interne. Mais que l'agent soit en interne ou en externe, les obligations sont identiques : carte pro CNAPS, conditions de moralité, formation, tenue distinctive, déontologie.

🏱 SpĂ©cificitĂ©s du service interne

Articles L612-25 et suivants du CSI Un service interne ne peut ĂȘtre créé que par une personne physique ou morale qui assure la protection de ses biens propres et de ses salariĂ©s. Il est soumis Ă  un rĂ©gime spĂ©cifique.
Les 2 obligations clés du service interne
  1. Exclusivité de l'activité de sécurité privée - le service interne ne peut QUE faire de la sécurité pour son propre employeur. Il ne peut pas vendre ses prestations à des tiers ni exercer une autre activité que la sécurité privée.
  2. AgrĂ©ment obligatoire pour le dirigeant et les associĂ©s - les personnes qui dirigent en droit ou en fait le service interne doivent obtenir un agrĂ©ment du CNAPS (mĂȘmes conditions de moralitĂ©, casier vierge, formation, que pour une entreprise externe).
En clair Avoir un service interne ne dispense de rien : mĂȘme exclusivitĂ© d'activitĂ© qu'une boĂźte de sĂ©curitĂ© externe, et mĂȘme agrĂ©ment CNAPS pour le dirigeant et les associĂ©s. C'est le prix Ă  payer pour gĂ©rer sa propre sĂ©curitĂ© plutĂŽt que de la sous-traiter.
Exemple : Un grand magasin avec son service interne ne peut pas louer ses agents à la boutique d'à cÎté (interdiction de prestation à des tiers). Et son responsable sécurité doit avoir un agrément CNAPS personnel, pas juste la carte pro d'agent.

⭐ 1.8 Le principe d'exercice exclusif

⚠ PRINCIPE FONDAMENTAL
Toute activité non connexe à la mission de sécurité privée est interdite.
Une entreprise de sécurité privée ne peut faire QUE de la sécurité privée. Rien d'autre.
Article L612-2 du CSI "L'exercice de l'activité mentionnée à l'article L611-1 est exclusif de toute autre prestation de services non liée à la sécurité ou au transport de fonds, de bijoux ou de métaux précieux."
En clair Une société de sécurité privée n'a pas le droit de faire en plus du ménage, du jardinage, de la livraison, de l'accueil pur, du courrier, de la maintenance, du commerce, etc. Elle ne fait que de la sécurité (et activités strictement connexes, comme le transport de fonds).
Exemple concret :
✅ Une sociĂ©tĂ© "SĂ©curitĂ© Plus SARL" propose surveillance + tĂ©lĂ©surveillance + transport de fonds → OK, tout est connexe Ă  la sĂ©curitĂ©.
❌ La mĂȘme sociĂ©tĂ© propose en plus du nettoyage industriel ou de l'accueil standardiste → interdit. Elle doit crĂ©er une seconde sociĂ©tĂ© distincte pour cette activitĂ©.
EXCLU

Une boßte de sécurité = une seule activité : la sécurité.
Tout le reste est EXCLU.

Le principe d'exercice exclusif - art. L612-2 CSI.

Et entre activitĂ©s de sĂ©curitĂ© elles-mĂȘmes : le non-cumul

Le principe d'exclusivitĂ© ne s'arrĂȘte pas lĂ  : certaines activitĂ©s privĂ©es de sĂ©curitĂ© ne peuvent pas ĂȘtre cumulĂ©es entre elles dans une mĂȘme entreprise. Le lĂ©gislateur considĂšre que certaines fonctions sont incompatibles et doivent rester sĂ©parĂ©es.

En clair MĂȘme au sein des activitĂ©s du Livre VI, on ne mĂ©lange pas tout. Les activitĂ©s de surveillance / gardiennage (1° de L611-1) et les activitĂ©s d'agence de recherches privĂ©es (Titre II - dĂ©tective privĂ©) sont incompatibles : une mĂȘme entreprise ne peut pas faire les deux.
Exemple concret :
❌ Une sociĂ©tĂ© qui ferait Ă  la fois du gardiennage de magasins et de l'enquĂȘte privĂ©e (filature, recherche de personnes) → interdit, c'est un cumul incompatible.
✅ Il faut deux sociĂ©tĂ©s juridiquement distinctes, avec des dirigeants et autorisations sĂ©parĂ©s.
📌 Les grandes incompatibilitĂ©s Ă  retenir
  • Surveillance / gardiennage (Titre I) ≠ Agence de recherches privĂ©es (Titre II) → pas de cumul
  • ActivitĂ©s Ă  port d'arme (1° bis, transport de fonds) → conditions de cumul renforcĂ©es et autorisations spĂ©cifiques
  • Chaque activitĂ© rĂ©glementĂ©e demande sa propre autorisation d'exercice auprĂšs du CNAPS
⚠ À ne pas confondre
  • ExclusivitĂ© d'activitĂ© (L612-2) : pas d'activitĂ© extĂ©rieure Ă  la sĂ©curitĂ© (pas de mĂ©nage, pas de commerce, etc.)
  • Non-cumul de certaines activitĂ©s de sĂ©curitĂ© : Ă  l'intĂ©rieur du Livre VI, certaines activitĂ©s ne peuvent pas ĂȘtre exercĂ©es ensemble (gardiennage + dĂ©tective notamment)

1.9 Le principe de neutralité

L'agent de sécurité, dans l'exercice de ses fonctions, doit faire preuve d'une stricte neutralité. Il ne représente ni un camp, ni une opinion : il représente la sécurité de tous, sans distinction.

1° - Pas d'immixtion dans les conflits du travail

1Úre obligation de neutralité (héritage de la loi de 1983, codifiée au Livre VI du CSI) "Ne pas s'immiscer ou intervenir, à quelque moment que ce soit, dans le déroulement d'un conflit du travail ou d'événements s'y rapportant."
En clair Un agent de sécurité n'a pas le droit d'intervenir dans une grÚve, une manifestation syndicale, une occupation de locaux, un piquet de grÚve ou toute autre action collective liée à un conflit social. C'est un héritage direct de la loi du 12 juillet 1983, dont c'était l'un des objectifs principaux (cf. objectif "Réglementer" du R.R.M.E.E).
Exemples concrets :
❌ SalariĂ©s en grĂšve qui bloquent l'entrĂ©e de l'usine → l'agent ne peut pas les dĂ©loger, ni les filtrer, ni se positionner contre eux. Il doit appeler les forces de l'ordre si nĂ©cessaire.
❌ Manifestation syndicale qui s'installe devant le site → l'agent ne participe pas, ne provoque pas, ne s'oppose pas physiquement.
✅ L'agent continue sa mission normale de sĂ©curitĂ© (protection des biens et des personnes non impliquĂ©es), mais reste en retrait du conflit social lui-mĂȘme.
⚠ "À quelque moment que ce soit"
Cette formulation est volontairement trÚs large : avant, pendant et aprÚs le conflit, l'agent ne doit ni intervenir, ni prendre parti. Pas de pression sur les grévistes, pas d'identification de meneurs, pas de transmission d'infos à l'employeur sur les actions syndicales.
Situations interdites concrĂštement

Sont considérés comme des actes d'immixtion interdits dans un conflit du travail :

En clair Si pendant la grÚve l'employeur te demande de déloger les salariés, de sortir discrÚtement la marchandise par l'arriÚre, de filtrer qui entre alors que l'accÚs est normalement libre, ou pire de faire pression sur les grévistes : tu refuses. Ces actes ne relÚvent pas de la sécurité, ils relÚvent du conflit social, et tu n'as pas à y participer.
Exemple concret : grÚve dans un entrepÎt logistique. Le directeur te demande d'aider à transférer la marchandise vers un autre site "pour ne pas perdre les commandes". Refus obligatoire : c'est un acte qui sert l'employeur dans le conflit, pas la sécurité des biens et des personnes.
E.T.C.A
  • E Évacuation des locaux occupĂ©s
  • T Transfert de marchandises / documents / matĂ©riels
  • C ContrĂŽle d'accĂšs habituellement libres
  • A Agressions / intimidations / menaces

Les 4 actes d'immixtion interdits dans un conflit du travail.

Ce qui reste autorisé pendant un conflit du travail

L'interdiction d'immixtion n'empĂȘche pas l'agent d'exercer ses missions fondamentales. Restent parfaitement autorisĂ©s :

En clair Pendant une grĂšve, tu n'arrĂȘtes pas d'ĂȘtre agent de sĂ©curitĂ©. Si un fait sortant du conflit social se produit (vol, incendie, agression, malaise, intrusion d'un tiers), tu interviens normalement. La neutralitĂ© te protĂšge du conflit, elle ne te dispense pas de tes obligations lĂ©gales et professionnelles fondamentales.
Exemples concrets :
✅ Un grĂ©viste fait un malaise cardiaque → tu portes assistance (obligation, art. 223-6 CP).
✅ Un manifestant te frappe → tu peux te dĂ©fendre proportionnellement (lĂ©gitime dĂ©fense, art. 122-5 CP).
✅ Pendant la grĂšve, un vol Ă©clair se produit dans le magasin → tu apprĂ©hendes le voleur en flagrant dĂ©lit (art. 73 CPP).
✅ Tu continues tes rondes habituelles du site, sans cibler les grĂ©vistes.
H.L.A.A
  • H activitĂ©s Habituelles de sĂ©curitĂ©
  • L LĂ©gitime dĂ©fense (art. 122-5 CP)
  • A Assistance / secours (art. 223-6 CP)
  • A ApprĂ©hension flagrant dĂ©lit (art. 73 CPP)

Les 4 exceptions : ce qui reste autorisé pendant un conflit du travail.

💡 Synthùse - 2 listes à connaütre
  • Interdit (E.T.C.A) : Évacuation, Transfert, ContrĂŽle d'accĂšs ad hoc, Agressions / intimidations
  • AutorisĂ© (H.L.A.A) : Habituelles, LĂ©gitime dĂ©fense, Assistance, ApprĂ©hension flagrant dĂ©lit

1.10 Interdictions et limites d'intervention

1° - Interdiction de surveiller les opinions et de constituer des fichiers

1Ăšre interdiction "La loi interdit de se livrer Ă  une surveillance relative aux opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales, et de constituer des fichiers dans ce but."
En clair Un agent de sécurité n'a pas le droit de surveiller les opinions politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales des personnes qu'il croise. Il n'a pas non plus le droit de constituer un fichier dans ce but (carnet, base de données, transmission à l'employeur).
Exemples concrets :
❌ Noter dans un cahier "M. X = syndicaliste CGT", "Mme Y = pratiquante musulmane", "M. Z = a participĂ© Ă  une manif" → illĂ©gal.
❌ Filmer ou photographier des manifestants pour identifier des leaders syndicaux → illĂ©gal.
✅ Noter un comportement de sĂ©curitĂ© objectif ("individu repĂ©rĂ© en train de voler Ă  14h30") → autorisĂ©.
⚠ Base lĂ©gale
Ces fichiers sont qualifiĂ©s de "donnĂ©es sensibles" par le RGPD et la loi Informatique et LibertĂ©s. Leur collecte est strictement encadrĂ©e et, sans base lĂ©gale, totalement interdite. Le contrevenant s'expose Ă  des sanctions pĂ©nales (jusqu'Ă  5 ans de prison et 300 000 € d'amende - art. 226-19 du Code pĂ©nal).

2° - Réglementation de l'armement (détention et usage des armes)

Les conditions d'armement, de détention et d'usage des armes sont strictement encadrées par la loi. Les armes sont classées en 4 catégories.

Catégorie A : armes interdites
En clair Ce sont les armes strictement interdites à la détention et à l'usage par les particuliers (et donc par les agents de sécurité privée). Aucune autorisation possible pour le commun des civils.
Exemples concrets : canon de 30 mm, arme dissimulée dans un téléphone portable, FAMAS, grenade, fusil-mitrailleur de plus de 30 coups, char, etc. Réservées à l'armée, à la police et à la gendarmerie.
🚹 Si tu trouves une arme de catĂ©gorie A sur une personne
Détention illégale = flagrant délit.
  • ApprĂ©hension de la personne (art. 73 CPP - tout citoyen peut apprĂ©hender en flagrant dĂ©lit)
  • Appel immĂ©diat de la police (17 ou 112)
  • Remise de l'individu et de l'arme aux forces de l'ordre dĂšs leur arrivĂ©e
Catégorie B : armes soumises à autorisation
En clair Armes dont la détention et le port nécessitent une autorisation préalable de la préfecture. Sans cette autorisation, leur détention est illégale.
Exemples concrets : revolver, carabine 22 LR, pistolet 9 mm, bombe lacrymogĂšne (au-delĂ  d'un certain seuil), taser, etc.
Catégorie C : armes soumises à déclaration
En clair Armes dont la dĂ©tention est libre, mais soumise Ă  une dĂ©claration prĂ©alable auprĂšs des autoritĂ©s (prĂ©fecture). Pas d'autorisation Ă  obtenir, mais l'État doit en ĂȘtre informĂ©.
Exemples concrets : fusil de chasse, drilling 1 coup, flash-ball.
Catégorie D : armes en vente libre (avec obligation déclarative pour certaines)
En clair Armes en vente libre, dont l'acquisition est ouverte aux particuliers (souvent sous condition d'ùge, 18 ans minimum). Certaines restent soumises à une obligation déclarative ou d'enregistrement selon le modÚle.
Exemples concrets : couteau, pistolet 2 coups, tonfa.
Catégorie Régime Exemples cités en cours
A Interdites Canon 30 mm, arme dissimulée dans portable, FAMAS, grenade, fusil-mitrailleur > 30 coups, char
B Autorisation préfectorale Revolver, carabine 22 LR, pistolet 9 mm, bombe lacrymo, taser
C Déclaration Fusil de chasse, drilling 1 coup, flash-ball
D Vente libre (déclarative pour certaines) Couteau, pistolet 2 coups, tonfa
I.A.D.L
  • A CatĂ©gorie A → Interdite
  • B CatĂ©gorie B → Autorisation
  • C CatĂ©gorie C → DĂ©claration
  • D CatĂ©gorie D → vente Libre

Du plus restrictif (A) au plus libre (D).

đŸ“· Identification visuelle des armes

Images Wikipédia / Wikimedia Commons (libres de droits).

Catégorie A - Interdites
FAMAS
FAMAS
Grenade
Grenade
Char de combat
Char (Leclerc)
Catégorie B - Autorisation préfectorale
Revolver
Revolver
Pistolet semi-automatique 9 mm
Pistolet 9 mm
Carabine .22 LR
Carabine 22 LR
Bombe lacrymogĂšne
Bombe lacrymogĂšne
Taser
Taser
Catégorie C - Déclaration
Fusil de chasse
Fusil de chasse
Flash-Ball
Flash-Ball
Catégorie D - Vente libre
Couteau
Couteau
Tonfa
Tonfa

3° - Conditions d'armement des agents

Agent de surveillance et de gardiennage
En clair L'agent de surveillance et de gardiennage n'a pas le droit de porter une arme à feu dans le cadre de ses missions. Seul le port d'armes relevant de la catégorie D (vente libre) est autorisé sous conditions.
Armes de catégorie D autorisées : tonfa, matraque, lacrymogÚne.
Le port est conditionné à une autorisation de l'employeur, à la formation spécifique à l'arme portée, et à la mention sur la carte professionnelle ou un document de mission.
⚠ Rappel
Le port d'arme reste l'exception pour l'agent de surveillance / gardiennage. Le principe par défaut, hérité de 1983, est l'exercice sans arme.
Agent de surveillance armé
En clair L'agent de surveillance armé (activité du 1° bis de l'art. L611-1, exercée dans des circonstances de risque exceptionnel d'atteinte à la vie) peut porter des armes de catégorie B (soumises à autorisation préfectorale).
Armes de catégorie B : revolver, pistolet 9 mm, carabine 22 LR, taser, etc.
Le port nécessite une autorisation préfectorale, une formation spécifique au maniement et à l'usage de l'arme, et la mention "agent armé" sur la carte professionnelle.
🔐 Conservation et mise à disposition des armes
  • Les armes sont conservĂ©es sur le lieu de mission par un armurier
  • Elles sont disponibles uniquement pour le temps de la mission (remise au dĂ©but, restitution Ă  la fin)
  • Elles sont sous la responsabilitĂ© du chef d'entreprise
  • L'agent ne ramĂšne jamais l'arme Ă  son domicile
⭐ Conditions particuliÚres d'usage
⚠ POINT IMPORTANT À RETENIR PAR CƒUR

Les armes ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©es qu'en cas de LÉGITIME DÉFENSE.

Fondement : article 122-5 du Code pénal.
En dehors de ce cadre strict, tout usage d'une arme par un agent est illégal et expose à des poursuites pénales (violences volontaires, voire homicide volontaire / involontaire).
📌 Rappel - les 4 conditions de la lĂ©gitime dĂ©fense (N.A.P.S)
NĂ©cessaire · Actuelle · ProportionnĂ©e · SimultanĂ©e. Si une seule condition manque → plus de lĂ©gitime dĂ©fense, l'usage de l'arme est illĂ©gal.
Le principe à retenir Si on t'agresse, tu peux te défendre - mais de maniÚre PROPORTIONNELLE à l'attaque.
Exemples :
❌ On te bouscule → tu tires au pistolet = disproportionnĂ©, illĂ©gal.
❌ On te menace avec les mains nues → tu tires = disproportionnĂ©, illĂ©gal.
✅ On te tire dessus avec une arme Ă  feu → tu ripostes avec ton arme = proportionnĂ©, lĂ©gitime dĂ©fense.
✅ On t'attaque au couteau et tu n'as aucun moyen de fuir → riposte proportionnĂ©e possible avec ton arme.

4° - Sanctions au port et transport des armes et munitions

Les sanctions pénales en cas de port ou transport illégal d'armes et de munitions varient selon la catégorie de l'arme et selon que la personne est seule ou à plusieurs (circonstance aggravante de réunion).

Infraction (port / transport illégal) Sanction - 1 personne seule Sanction - à au moins 2 personnes
Matériels de guerre, armes & éléments essentiels - catégorie A ou B
(les matĂ©riels de guerre = sous-catĂ©gorie A2, mĂȘme sanction)
5 ans de prison
+ 75 000 € d'amende
10 ans de prison
+ 500 000 € d'amende
Catégorie C 2 ans de prison
+ 30 000 € d'amende
5 ans de prison
+ 75 000 € d'amende
Catégorie D (soumise à enregistrement) 1 an de prison
+ 15 000 € d'amende
2 ans de prison
+ 30 000 € d'amende
Catégorie D à faible dangerosité Contravention de 4e classe
(~ 750 € d'amende)
Aggravée (contravention supérieure)
📌 Base lĂ©gale
Articles L317-7 à L317-9 du Code de la Sécurité Intérieure. La réunion (à 2 ou plus) est une circonstance aggravante qui double la peine et l'amende.

đŸ›Ąïž 2. La lĂ©gitime dĂ©fense

Article 122-5 du Code pĂ©nal "N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiĂ©e envers elle-mĂȘme ou autrui, accomplit, dans le mĂȘme temps, un acte commandĂ© par la nĂ©cessitĂ© de la lĂ©gitime dĂ©fense d'elle-mĂȘme ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de dĂ©fense employĂ©s et la gravitĂ© de l'atteinte."
En clair Si quelqu'un t'attaque (ou attaque quelqu'un d'autre) injustement, tu peux te défendre au moment de l'attaque, mais sans en faire trop. Si tu réagis de maniÚre exagérée, tu n'es plus protégé par la loi.
Exemple concret : Un client Ă©nervĂ© te pousse violemment. Tu le repousses pour te dĂ©gager → ✅ LĂ©gitime dĂ©fense.
Le mĂȘme client te pousse, tu le frappes Ă  terre et continues Ă  le frapper alors qu'il est K.O. → ❌ Plus de la lĂ©gitime dĂ©fense, c'est de la violence volontaire (prison).

Les 4 conditions cumulatives

N.A.P.S
  • N NĂ©cessaire
  • A Actuelle (simultanĂ©e)
  • P ProportionnĂ©e
  • S Subie (injustifiĂ©e)
Condition Signification Exemple
Nécessaire Pas d'autre moyen pour se défendre Impossible de fuir
Actuelle Riposte au moment de l'attaque (pas aprÚs) Pas de vengeance différée
Proportionnée Moyens proportionnés à l'attaque Pas de couteau face à une gifle
Sur injuste atteinte L'attaque doit ĂȘtre illĂ©gitime Pas contre un policier en mission

SynthÚse - les articles clés à connaßtre

Article Code Sujet
53 CPP Définition du flagrant délit (crime/délit qui se commet actuellement ou qui vient de se commettre - condition d'ouverture du 73)
73 CPP Appréhension en flagrant délit (tout citoyen peut appréhender l'auteur d'un crime / délit puni d'emprisonnement)
803 CPP Port des menottes / entraves (uniquement si personne dangereuse ou risque de fuite - principe de nécessité)
122-5 CP Légitime défense (classique) - 4 conditions N.A.P.S
122-6 CP Légitime défense présumée (intrusion nocturne par effraction, vol avec violence)
122-7 CP État de nĂ©cessitĂ© (acte illĂ©gal pour Ă©viter un danger plus grave)
223-6 CP Non-assistance Ă  personne en danger (obligation de porter secours)
🎯 Les 6 articles essentiels (insistance formateur)
  • 53 CPP = dĂ©finit le flagrant dĂ©lit (la situation)
  • 73 CPP = ton droit d'apprĂ©hender en flagrant dĂ©lit
  • 803 CPP = rĂšgle du menottage (dangerositĂ© / fuite uniquement)
  • 122-5 CP = lĂ©gitime dĂ©fense classique (N.A.P.S)
  • 122-6 CP = lĂ©gitime dĂ©fense prĂ©sumĂ©e (intrusion nocturne, vol violent)
  • 122-7 CP = Ă©tat de nĂ©cessitĂ© (sauver d'un danger)

État de nĂ©cessitĂ© (Ă  ne pas confondre)

Article 122-7 du Code pĂ©nal "N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, face Ă  un danger actuel ou imminent qui menace elle-mĂȘme, autrui ou un bien, accomplit un acte nĂ©cessaire Ă  la sauvegarde de la personne ou du bien..."
En clair Si tu fais quelque chose normalement interdit mais pour éviter un danger plus grave, la loi ne te punit pas. La différence avec la légitime défense : ici, le danger n'est pas une personne qui t'agresse, mais une situation (incendie, accident...).
Exemple concret : Un incendie se dĂ©clare, tu casses la vitre d'un magasin pour faire Ă©vacuer des personnes coincĂ©es → ✅ État de nĂ©cessitĂ© (tu as dĂ©truit un bien pour sauver des vies).
Tu pousses violemment un piĂ©ton pour l'empĂȘcher d'ĂȘtre renversĂ© par une voiture → ✅ État de nĂ©cessitĂ© (causer un petit mal pour Ă©viter un grand mal).
🎯 Piùge examen
Légitime défense = réponse à une agression d'un humain
État de nĂ©cessitĂ© = rĂ©ponse Ă  un danger (incendie, etc.)

📜 3. Le Code de dĂ©ontologie

Décret n°2012-870 du 10 juillet 2012 Code de déontologie des personnes physiques ou morales exerçant des activités privées de sécurité. Fixe les rÚgles de déontologie professionnelle applicables à tous les acteurs du secteur (agents, dirigeants, entreprises). 32 articles.

Les obligations principales

RĂšgles de comportement professionnel

📂 Sous-section 4 : Devoirs des salariĂ©s

Dispositions spécifiques aux agents salariés (par opposition aux dirigeants/employeurs) - articles R632 et suivants du CSI.

đŸš« Le marchandage et le prĂȘt illicite de main-d'Ɠuvre

Article L8231-1 du Code du travail Le marchandage, dĂ©fini comme toute opĂ©ration Ă  but lucratif de fourniture de main-d'Ɠuvre qui a pour effet de causer un prĂ©judice au salariĂ© qu'elle concerne ou d'Ă©luder l'application de dispositions lĂ©gales ou de stipulations d'une convention ou d'un accord collectif de travail, est interdit.
Article L8241-1 du Code du travail Toute opĂ©ration Ă  but lucratif ayant pour objet exclusif le prĂȘt de main-d'Ɠuvre est interdite dĂšs lors qu'elle n'est pas effectuĂ©e dans le cadre des dispositions du Code du travail (intĂ©rim, portage salarial, groupements d'employeurs...).
📌 Application au secteur sĂ©curitĂ© privĂ©e
  • Une entreprise de sĂ©curitĂ© ne peut pas « louer » ses agents Ă  une autre entreprise en dehors du cadre lĂ©gal d'une prestation de services
  • La prestation de services suppose un encadrement, des consignes propres et une responsabilitĂ© de l'entreprise prestataire sur ses agents (sinon = prĂȘt illicite)
  • Sanctions pĂ©nales : 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende pour le marchandage (art. L8234-1 du Code du travail)
D.R.O.I.T
  • D DignitĂ©
  • R Respect
  • O ObjectivitĂ©
  • I IntĂ©gritĂ©
  • T TolĂ©rance
Obligation Détail
ProbitĂ©HonnĂȘtetĂ©, intĂ©gritĂ© morale
DiscrétionSecret professionnel
NeutralitéPolitique, religieuse, syndicale
Non-discriminationRace, sexe, religion, orientation
TenueUniforme distinct des forces publiques
IdentificationCarte pro visible, numéro CNAPS

👕 Port de la tenue et insigne

Article L613-4 du CSI Les agents [...] doivent porter, dans l'exercice de leurs fonctions, une tenue particuliĂšre. Celle-ci ne doit entraĂźner aucune confusion avec les tenues des agents des services publics, notamment de la police nationale, de la gendarmerie nationale, des douanes et des polices municipales.
Article R613-1 du CSI La tenue comporte, de façon visible, au moins un numĂ©ro d'identification individuel et un ou plusieurs Ă©lĂ©ments d'identification communs reproduisant la dĂ©nomination ou le sigle de l'entreprise. Elle ne peut ĂȘtre confondue avec celle des forces publiques.
📍 Emplacement
Les Ă©lĂ©ments d'identification sont portĂ©s sur la poitrine, en haut Ă  gauche du vĂȘtement.
⏱ Quand porter la tenue
La tenue est portée uniquement pendant l'exercice de la mission.
⚠ Mentions obligatoires sur la tenue
  • La mention « SÉCURITÉ PRIVÉE » doit apparaĂźtre - pas juste « SÉCURITÉ » (sinon risque de confusion avec les forces publiques)
đŸȘȘ Carte professionnelle : obligation indĂ©pendante
Ces dispositions sur la tenue n'exemptent pas de l'obligation d'avoir toujours sur soi la carte professionnelle (art. L612-20 CSI). MĂȘme question de tenue mise Ă  part, la carte pro doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e Ă  toute rĂ©quisition.

đŸš« Dispositions visant Ă  Ă©viter la confusion avec un service public

Les 3 interdictions clés
  1. Interdiction d'exercer des missions de police - ton métier se limite à la surveillance / gardiennage de biens et personnes, jamais aux prérogatives réservées aux OPJ (art. L611-1 et L613-1 CSI)
  2. Interdiction d'exercer sur la voie publique - tu interviens à l'intérieur des bùtiments ou dans leurs limites (art. L613-1 CSI). La voie publique est le domaine exclusif des forces publiques (sauf autorisations spéciales : ronde itinérante, transport de fonds, escorte préfectorale)
  3. Interdiction de mentionner une qualité d'ancien fonctionnaire de police, de gendarmerie ou d'ancien militaire (art. L612-15 CSI) - tu n'as pas le droit de t'en prévaloir dans le cadre de ta mission de sécurité privée, ni sur ta tenue, ni sur tes documents, ni à l'oral

📞 Obligation de levĂ©e de doute (tĂ©lĂ©surveillance)

Article L613-6 du CSI Est injustifié tout appel des services de police nationale ou de la gendarmerie nationale par les personnes physiques ou morales exerçant des activités de surveillance à distance des biens meubles ou immeubles qui entraßne l'intervention indue de ces services, faute d'avoir été précédée d'une levée de doute consistant en un ensemble de vérifications, par des moyens techniques ou humains, de la matérialité et de la concordance des indices laissant présumer la commission imminente ou en cours d'une atteinte aux biens.
En clair Si tu travailles en télésurveillance (détection d'alarme à distance) et qu'une alarme se déclenche, tu ne peux pas appeler directement la police / gendarmerie. Tu dois d'abord vérifier qu'il y a bien une vraie menace (caméra, agent envoyé sur site, double détection...). C'est la levée de doute.
Exemple : Alarme dĂ©clenchĂ©e Ă  3h du matin → l'opĂ©rateur vĂ©rifie via camĂ©ra ou envoie un agent intervenant sur place pour confirmer l'effraction. Si confirmation → appel des forces de l'ordre. Si fausse alerte (animal, dĂ©faut technique) → pas d'appel.
⚠ Sanction
Tout appel injustifié entraßnant une intervention indue des forces de l'ordre est sanctionné. La preuve d'une atteinte effective au bien (ou d'une tentative) lÚve la présomption d'appel injustifié.
đŸš« Interdictions strictes
  • Porter une arme (sauf agents en transport de fonds armĂ©s)
  • Utiliser des techniques de menottage (sauf apprĂ©hension art. 73 CPP)
  • ProcĂ©der Ă  des contrĂŽles d'identitĂ© (rĂ©servĂ©s aux OPJ)
  • Se faire passer pour un policier
  • Faire de la concurrence dĂ©loyale

🎯 4. Les activitĂ©s de sĂ©curitĂ© privĂ©e (Livre VI du CSI)

Le Livre VI du Code de la Sécurité Intérieure encadre plusieurs activités principales :

ActivitéArticleDétail
Surveillance et gardiennage L611-1, 1° Surveillance humaine ou électronique, gardiennage de biens meubles ou immeubles, sécurité des personnes dans ces immeubles
Transport et surveillance de valeurs L611-1, 2° Bijoux Ă  partir de 100 000 €, fonds, mĂ©taux prĂ©cieux. Traitement des fonds inclus.
Protection physique des personnes L611-1, 3° Garde du corps
Protection des navires L611-1, 4° Navires battant pavillon français, contre la piraterie
Recherches privées L621-1 Détective privé (titre distinct du Livre VI)
📌 À noter
L'activité cynophile (agent avec chien) et la vidéo-protection sont des modalités d'exercice de la surveillance/gardiennage (1°), nécessitant des agréments complémentaires. Ce ne sont pas des activités distinctes au sens de l'article L611-1.

đŸ›ïž 5. HiĂ©rarchie des normes

  1. Bloc de constitutionnalité (Constitution + DDHC 1789)
  2. Traités internationaux (CEDH...)
  3. Lois (votées par le Parlement)
  4. RĂšglements (dĂ©crets, arrĂȘtĂ©s)
  5. Circulaires et instructions
  6. Contrats / conventions (entreprise)
  7. Consignes du donneur d'ordre
🧠 MnĂ©mo : « Cool Trio Loi RĂšgle »
Constitution → TraitĂ©s → Lois → RĂšglements

⚖ 6. Organisation judiciaire de la France

📌 Notion de responsabilitĂ©

Définition La responsabilité est l'obligation qui pÚse sur une personne morale ou physique de réparer les dommages subis par une autre personne morale ou physique.

💱 Le prĂ©judice

Définition Le préjudice est le dommage subi par une personne dans ses biens, son corps, ses sentiments ou son honneur. Il existe plusieurs sortes de préjudices.
Type de préjudice Atteinte à...
Corporel L'intégrité physique de la personne (blessure, infirmité, maladie causée par un fait)
D'agrément La privation des plaisirs ordinaires de la vie (impossibilité de pratiquer un loisir, un sport, une activité habituelle)
Matériel Les biens de la personne (objet détérioré, perte de revenus, frais engagés)
Moral Les sentiments, l'honneur, la réputation (atteinte à la dignité, souffrance affective, perte d'un proche)

⚖ Les types de responsabilitĂ©

Type But Source
Responsabilité civile Réparer le dommage causé à autrui (indemnisation en argent) Code civil - articles 1240 et suivants
Responsabilité pénale Sanctionner l'auteur d'une infraction au nom de la société (peine, amende, prison) Code pénal
📌 À retenir
Les deux responsabilitĂ©s sont indĂ©pendantes : un mĂȘme fait peut entraĂźner les deux. Exemple - un agent qui blesse une personne par excĂšs de force engagera sa responsabilitĂ© pĂ©nale (poursuite par le procureur) et sa responsabilitĂ© civile (indemnisation de la victime).

📝 Plainte et engagement des poursuites

DĂ©finition La plainte est le point de dĂ©part des recours devant les juridictions adĂ©quates. Elle est exprimĂ©e par les victimes elles-mĂȘmes ou par le ministĂšre public au nom de la sociĂ©tĂ©.

📊 Classification des infractions

Le Code pénal classe les infractions en 3 catégories selon leur gravité :

Catégorie Gravité Peine maximale Juridiction Exemples
Contravention Faible Amende (jusqu'Ă  1 500 €, 3 000 € en rĂ©cidive) - 5 classes Tribunal de police ExcĂšs de vitesse, tapage nocturne, violences lĂ©gĂšres sans ITT
Délit Moyenne Jusqu'à 10 ans d'emprisonnement + amende Tribunal correctionnel Vol, escroquerie, coups et blessures, exercice illégal de la sécurité privée
Crime ÉlevĂ©e Au moins 15 ans de rĂ©clusion (jusqu'Ă  perpĂ©tuitĂ©) Cour d'assises Meurtre, viol, vol Ă  main armĂ©e, terrorisme
C.D.C
  • C Contravention (amende) → Tribunal de police
  • D DĂ©lit (≀ 10 ans) → Tribunal correctionnel
  • C Crime (≄ 15 ans) → Cour d'assises

3 catégories d'infractions, du moins grave au plus grave.

đŸ›ïž La sĂ©paration des pouvoirs (Ă  savoir)

🎯 Tombe à l'examen QCU
Principe fondamental de la République : on distingue 3 pouvoirs distincts et indépendants.
Pouvoir RĂŽle Qui ?
Exécutif Applique les lois et conduit la politique du pays Président de la République + Gouvernement (Premier ministre, ministres)
Législatif Vote les lois Parlement = Assemblée nationale (577 députés) + Sénat (348 sénateurs)
Judiciaire Juge en appliquant les lois (rend la justice) Magistrats (juges, procureurs) - tribunaux et cours
E.L.J
  • E ExĂ©cutif (applique)
  • L LĂ©gislatif (vote)
  • J Judiciaire (juge)

Les 3 pouvoirs - théorisée par Montesquieu (De l'esprit des lois, 1748).

📌 Pourquoi cette sĂ©paration ?
EmpĂȘcher qu'une seule personne ou institution concentre tous les pouvoirs (risque de dictature). Chaque pouvoir contrĂŽle et Ă©quilibre les autres (checks and balances).

⚖ La dualitĂ© juridictionnelle (Ă  connaĂźtre)

Le systÚme judiciaire français est divisé en deux ordres indépendants, chacun avec sa propre hiérarchie :

⚖ ORGANISATION JUDICIAIRE DE LA FRANCE DualitĂ© juridictionnelle
📋 ORDRE ADMINISTRATIF
đŸ›ïž ORDRE JUDICIAIRE
JURIDICTIONS CIVILES
JURIDICTIONS PÉNALES
1er degré
Tribunal administratif
Cour nationale du droit d'asile
Commission dép. d'aide sociale
Section disciplinaire des ordres professionnels
Commission d'indemnisation des rapatriés
Tribunal des affaires de la sécurité sociale
Tribunal paritaire des baux ruraux
Conseil de prud'hommes
Tribunal de commerce
Tribunal judiciaire et chambre de proximité
Tribunal pour enfants
Tribunal de police
Tribunal correctionnel
Cour d'assises
▌
▌
2nd degré (appel)
Cour administrative d'appel
Cour d'appel
▌
▌
👑 Hautes juridictions
⚜ CONSEIL D'ÉTAT Section du contentieux
⚜ COUR DE CASSATION Paris
⚖ TRIBUNAL DES CONFLITS Tranche les conflits d'attributions entre les deux ordres
đŸ‡ȘđŸ‡ș COUR DE JUSTICE EUROPÉENNE Droit de l'Union europĂ©enne
2 ordres → 2 sommets
  • Ordre judiciaire (civil + pĂ©nal) → sommet = Cour de cassation
  • Ordre administratif → sommet = Conseil d'État
  • Conflits entre les deux → Tribunal des conflits
  • Droit europĂ©en → Cour de justice europĂ©enne (CJUE)

đŸ›ïž Les juridictions pĂ©nales (juridictions de jugement des infractions)

Les infractions sont jugĂ©es par des tribunaux pĂ©naux. À chaque catĂ©gorie d'infraction correspond une juridiction de jugement :

Juridiction Juge Compétence
Tribunal de police Juge unique Contraventions (5 classes - amendes)
Tribunal correctionnel 3 juges (ou juge unique selon le dĂ©lit) DĂ©lits (peine ≀ 10 ans + amende)
Cour d'assises 3 juges professionnels + 6 jurĂ©s citoyens (en premiĂšre instance) Crimes (peine ≄ 15 ans, jusqu'Ă  perpĂ©tuitĂ©)
📌 Juridictions spĂ©cialisĂ©es
  • Tribunal pour enfants : mineurs auteurs de dĂ©lits et crimes (jusqu'Ă  16 ans pour les crimes)
  • Cour d'assises des mineurs : mineurs de 16 Ă  18 ans pour les crimes
  • JLD (Juge des LibertĂ©s et de la DĂ©tention) : dĂ©cide des placements en dĂ©tention provisoire

đŸ§© Les Ă©lĂ©ments constitutifs de l'infraction

Pour qu'une infraction soit caractĂ©risĂ©e et punissable, 3 Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre rĂ©unis :

ÉlĂ©ment DĂ©finition
ÉlĂ©ment lĂ©gal Il faut une loi (texte) qui dĂ©finit le comportement comme une infraction et prĂ©voit la peine. « Pas de peine sans loi » - principe de lĂ©galitĂ© des dĂ©lits et des peines (art. 111-3 CP).
ÉlĂ©ment matĂ©riel Le fait commis : une action (ex. frapper, voler) ou une omission (ex. non-assistance Ă  personne en danger). Sans acte concret, pas d'infraction.
ÉlĂ©ment moral L'intention ou la faute de l'auteur : volontĂ© de commettre l'acte (dol = intention) ou imprudence/nĂ©gligence selon l'infraction.
L.M.M
  • L LĂ©gal (texte qui interdit)
  • M MatĂ©riel (acte commis)
  • M Moral (intention / faute)

Les 3 éléments constitutifs de l'infraction.

📌 À retenir
Si un seul des 3 Ă©lĂ©ments manque, l'infraction n'est pas caractĂ©risĂ©e et la personne ne peut pas ĂȘtre poursuivie pour ce fait.

📕 Les articles du Code pĂ©nal qui intĂ©ressent principalement l'activitĂ© de sĂ©curitĂ© privĂ©e

Liste des articles du Code pénal directement utiles à l'agent de prévention et de sécurité.

đŸ”« Notion d'arme

Article 132-75 du Code pénal "Constitue une arme tout objet conçu pour tuer ou blesser.
Tout autre objet susceptible de présenter un danger pour les personnes est assimilé à une arme dÚs lors qu'il est utilisé pour tuer, blesser ou menacer ou qu'il est destiné, par celui qui en est porteur, à tuer, blesser ou menacer.
Est assimilé à une arme tout objet qui, présenté ou utilisé, est destiné à menacer de tuer ou de blesser, ou est de nature à créer dans l'esprit de la victime la crainte d'une atteinte à sa vie ou à son intégrité physique. [...]
L'utilisation d'un animal pour tuer, blesser ou menacer est assimilée à l'usage d'une arme."
📌 Les 4 catĂ©gories d'arme (Ă  retenir)

Tout objet qui est destiné par son utilisateur à tuer, blesser ou menacer devient, à ce titre, une arme :

  • Arme par nature = objet conçu pour tuer ou blesser (pistolet, couteau, matraque...)
  • Arme par destination = objet quelconque utilisĂ© pour tuer, blesser ou menacer (batte, bouteille, tournevis, cailloux...)
  • Arme par imitation = objet qui imite une arme et crĂ©e la crainte d'une atteinte (pistolet factice, jouet rĂ©aliste...)
  • Arme par l'usage d'un animal = utilisation d'un animal pour tuer, blesser ou menacer (chien dressĂ© pour mordre...)

đŸ›Ąïž LĂ©gitime dĂ©fense (art. 122-5 alinĂ©a 1 CP)

🎯 À SAVOIR ABSOLUMENT (insistance formateur)
Article incontournable - texte exact Ă  connaĂźtre par cƓur, ainsi que les 4 conditions cumulatives (mĂ©mo N.A.P.S).
Article 122-5 alinĂ©a 1 du Code pĂ©nal "N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiĂ©e envers elle-mĂȘme ou autrui, accomplit, dans le mĂȘme temps, un acte commandĂ© par la nĂ©cessitĂ© de la lĂ©gitime dĂ©fense d'elle-mĂȘme ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de dĂ©fense employĂ©s et la gravitĂ© de l'atteinte."
📌 Les 4 conditions (mĂ©mo N.A.P.S)
  • NĂ©cessaire (riposte nĂ©cessaire)
  • Actuelle (riposte au moment mĂȘme de l'attaque)
  • ProportionnĂ©e (moyens proportionnĂ©s Ă  la gravitĂ©)
  • Sur atteinte injustifiĂ©e (attaque illĂ©gitime)

đŸ›Ąïž Causes d'irresponsabilitĂ© ou d'attĂ©nuation de la responsabilitĂ©

Articles 122-1 à 122-9 du Code pénal - circonstances dans lesquelles l'auteur d'une infraction n'est pas pénalement responsable ou voit sa responsabilité atténuée.

🧠 Trouble psychique ou neuropsychique (art. 122-1 CP)

Article 122-1 du Code pénal "N'est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrÎle de ses actes.
La personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrÎle de ses actes demeure punissable. La juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime."
📌 À retenir
  • Trouble abolissant le discernement = irresponsabilitĂ© totale (pas de peine)
  • Trouble altĂ©rant le discernement = responsabilitĂ© attĂ©nuĂ©e (peine rĂ©duite mais maintenue)

⛓ Contrainte (art. 122-2 CP)

Article 122-2 du Code pénal "N'est pas pénalement responsable la personne qui a agi sous l'emprise d'une force ou d'une contrainte à laquelle elle n'a pu résister."
📌 À retenir
La contrainte doit ĂȘtre irrĂ©sistible et imprĂ©visible. Elle peut ĂȘtre :
  • Physique (force extĂ©rieure : on te pousse, on te ligote)
  • Morale (menace grave sur toi ou tes proches)

👼 Ordre de la loi / commandement de l'autoritĂ© lĂ©gitime (art. 122-4 CP)

Article 122-4 du Code pénal "N'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires.
N'est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l'autorité légitime, sauf si cet acte est manifestement illégal."
📌 À retenir
L'agent qui obéit aux ordres de sa hiérarchie n'est pas responsable... sauf si l'ordre est manifestement illégal. Dans ce cas, il doit refuser d'exécuter (et engage sa responsabilité s'il obéit).

❓ L'erreur (art. 122-3 CP)

Article 122-3 du Code pénal "N'est pas pénalement responsable la personne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu'elle n'était pas en mesure d'éviter, pouvoir légitimement accomplir l'acte."
📌 À retenir
L'erreur doit ĂȘtre invincible (impossible Ă  Ă©viter raisonnablement). Une simple ignorance de la loi n'est pas une cause d'irresponsabilitĂ© (« nul n'est censĂ© ignorer la loi »). Il faut une situation oĂč une information erronĂ©e fournie par une autoritĂ© administrative t'a induit en erreur, par exemple.

đŸ›Ąïž La lĂ©gitime dĂ©fense (art. 122-5 et 122-6 CP)

Article 122-5 du Code pĂ©nal "N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiĂ©e envers elle-mĂȘme ou autrui, accomplit, dans le mĂȘme temps, un acte commandĂ© par la nĂ©cessitĂ© de la lĂ©gitime dĂ©fense d'elle-mĂȘme ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de dĂ©fense employĂ©s et la gravitĂ© de l'atteinte."
📌 Les 4 conditions (mĂ©mo N.A.P.S)
  • NĂ©cessaire (riposte nĂ©cessaire)
  • Actuelle (riposte au moment mĂȘme de l'attaque)
  • ProportionnĂ©e (moyens proportionnĂ©s)
  • Sur atteinte injustifiĂ©e (attaque illĂ©gitime)

Détails complets et exemples : voir la section dédiée « 2. La légitime défense » plus haut.

🚹 L'Ă©tat de nĂ©cessitĂ© (art. 122-7 CP)

Article 122-7 du Code pĂ©nal "N'est pas pĂ©nalement responsable la personne qui, face Ă  un danger actuel ou imminent qui menace elle-mĂȘme, autrui ou un bien, accomplit un acte nĂ©cessaire Ă  la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employĂ©s et la gravitĂ© de la menace."
📌 Distinction avec la lĂ©gitime dĂ©fense
  • LĂ©gitime dĂ©fense = rĂ©ponse Ă  une agression humaine
  • État de nĂ©cessitĂ© = rĂ©ponse Ă  un danger / situation (incendie, accident, animal, etc.)

đŸ—ș 7. OĂč peut intervenir un agent ?

ZoneStatutPouvoirs
Domaine privĂ© (sites clients) ✅ AutorisĂ© Surveillance, contrĂŽle accĂšs, palpation (sous conditions)
Voie publique ❌ Interdit (sauf exceptions prĂ©fectorales) Aucun pouvoir spĂ©cifique
Domicile privĂ© ⚠ TrĂšs encadrĂ© Avec autorisation expresse de l'occupant

❓ QCM rapide - Module juridique

1. Quel texte est la référence principale pour la sécurité privée ?
A. Le Code pénal
B. Le Livre VI du Code de la Sécurité Intérieure
C. Le Code du travail
D. La loi de 1983
2. La carte professionnelle CNAPS est valable :
A. 1 an
B. 3 ans
C. 5 ans
D. À vie
3. Combien de conditions doivent ĂȘtre rĂ©unies pour la lĂ©gitime dĂ©fense ?
A. 2
B. 3
C. 4
D. 5

🎓 Cas pratiques de l'examen oral

Liste des 11 cas possibles à savoir gérer (au fur et à mesure du cours).

🎯 StratĂ©gie d'examen (insistance formateur)
  • Utiliser tous les outils Ă  notre disposition (radio, main courante, Ă©quipe, hiĂ©rarchie, secours, police, etc.)
  • Ne pas confondre les interlocuteurs : appeler les secours (SAMU/pompiers - 15/18/112) pour une urgence mĂ©dicale, et la police/gendarmerie (17) pour un trouble Ă  l'ordre / infraction
  • Savoir se justifier : les examinateurs nous laissent faire / dire, mais ils vont nous demander pourquoi on a pris telle dĂ©cision. Toujours pouvoir expliquer en s'appuyant sur les textes (CSI, CP, CPP, dĂ©ontologie)

đŸ» Cas n°1 : GĂ©rer un individu en Ă©tat d'ivresse

â„č Infos pratiques - Examen oral

  • 11 cas possibles Ă  connaĂźtre
  • Passage en binĂŽme
  • Chacun tire son sujet au sort
  • Et un second sujet est choisi par les examinateurs
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